Duomo de Florence : chef-d'œuvre de Brunelleschi

Style architectural
Renaissance
Construction
1296-1436
Hauteur
114.5m (dome)
Distinction
UNESCO

Informations pratiques

Horaires
Lun-sam 10h-16h30, dim 13h30-16h30
Tarifs
Cathédrale gratuite, dôme et clocher payants
Durée de visite
2h-3h
Depuis la France
Vol Paris-Florence 2h
Florence Italie Renaissance Brunelleschi dome
Duomo de Florence
Livioandronico2013• CC BY-SA 4.0

Le symbole de la Renaissance florentine

La cathédrale Santa Maria del Fiore, que tout le monde appelle le Duomo, écrase Florence de sa masse. Son dôme de briques rouges, conçu par Filippo Brunelleschi et achevé en 1436, reste l’une des prouesses d’ingénierie les plus stupéfiantes jamais réalisées. Depuis les collines de Fiesole ou le piazzale Michelangelo, cette coupole domine le paysage toscan. Six siècles après sa construction, les architectes ne comprennent toujours pas tout à fait comment Brunelleschi a fait.

Le complexe cathédral, inscrit au patrimoine mondial de l’UNESCO, rassemble la cathédrale, le baptistère de Saint-Jean, le campanile de Giotto et le musée de l’Opera del Duomo. Les quatre édifices portent les mêmes marbres polychromes, ce qui donne à l’ensemble une cohérence visuelle rare.

L’histoire de la construction

Les fondations médiévales

Arnolfo di Cambio lança le chantier en 1296. L’ambition était claire : surpasser les cathédrales rivales de Sienne et de Pise. Quand Arnolfo mourut en 1302, Giotto di Bondone prit le relais mais consacra l’essentiel de son énergie au campanile. Francesco Talenti et d’autres maîtres d’œuvre lui succédèrent.

Le défi du dôme

En 1418, la cathédrale était presque terminée. Un problème colossal restait sans solution : comment couvrir l’immense tambour octogonal de 42 mètres de diamètre ? Les techniques de coffrage en bois ne fonctionnaient pas à cette échelle. Personne ne savait faire. La République de Florence lança un concours public. Ce concours allait transformer l’histoire de l’architecture occidentale.

Le génie de Brunelleschi

Filippo Brunelleschi, orfèvre reconverti en architecte autodidacte, remporta le concours avec une proposition radicale : une double coupole autoportante, sans aucun coffrage. Sa méthode, nourrie par l’étude du Panthéon de Rome, reposait sur un agencement de briques en arête de poisson. Chaque rangée se soutenait elle-même au fur et à mesure de la montée.

Le chantier dura de 1420 à 1436. Brunelleschi inventa des machines de levage spécifiques, surveilla chaque détail avec une obstination que ses contemporains jugeaient tyrannique. Le résultat : 45 mètres de diamètre intérieur, 114,5 mètres du sol au sommet, plus de quatre millions de briques.

Le baptistère et les Portes du Paradis

Un monument paléochrétien

Le baptistère de Saint-Jean se dresse face à la cathédrale. C’est l’un des plus anciens édifices de Florence. Sa forme octogonale et son revêtement de marbre vert et blanc remontent aux XIe et XIIe siècles, même si les fondations sont romaines. Dante Alighieri y reçut le baptême. Comme tous les Florentins de son époque.

Les portes de Ghiberti

Les trois portes de bronze du baptistère comptent parmi les chefs-d’œuvre absolus de la sculpture renaissante. Lorenzo Ghiberti travailla à la porte est entre 1425 et 1452. Michel-Ange la surnomma « Porte du Paradis ». Ses dix panneaux en bas-relief déploient des scènes de l’Ancien Testament avec une maîtrise de la perspective qui annonce la grande peinture de la Renaissance.

Le campanile de Giotto

Giotto commença le clocher en 1334. La tour monte à 84,7 mètres. Ses marbres polychromes (blanc, vert et rose) s’accordent avec la cathédrale et le baptistère. Les 414 marches conduisent à une terrasse d’où le dôme de Brunelleschi paraît si proche qu’on a l’impression de pouvoir le toucher.

L’intérieur de la cathédrale

Le contraste frappe dès l’entrée. L’intérieur est austère, dépouillé, à l’opposé de l’exubérance extérieure. Mais les dimensions imposent le silence : 153 mètres de long, 90 mètres de large au transept. Le regard monte vers la coupole. Là-haut, la fresque du Jugement Dernier peinte par Giorgio Vasari et Federico Zuccari entre 1572 et 1579 couvre 3 600 mètres carrés. C’est l’une des plus grandes peintures murales au monde.

Regardez aussi l’horloge liturgique peinte par Paolo Uccello en 1443 : ses aiguilles tournent dans le sens inverse, une curiosité qui surprend encore les visiteurs. Les fresques équestres de John Hawkwood par Uccello et de Niccolò da Tolentino par Andrea del Castagno méritent qu’on s’y arrête.

L’ascension du dôme

Monter les 463 marches jusqu’au sommet de la coupole reste une expérience physique autant que visuelle. Le parcours serpente entre les deux coques du dôme. On passe si près des fresques du Jugement Dernier que les visages des damnés semblent vous fixer. On touche presque les briques en arête de poisson, celles que Brunelleschi a fait poser il y a six siècles. Au sommet, la lanterne ouvre sur Florence, l’Arno et les collines toscanes noyées dans la brume bleutée.

FAQ

Faut-il réserver pour monter au dôme de Brunelleschi ?

Oui, obligatoirement. En haute saison, les créneaux horaires se remplissent plusieurs jours à l’avance. Les billets s’achètent en ligne sur le site officiel de l’Opera di Santa Maria del Fiore. Le billet combiné donne accès au dôme, au campanile, au baptistère, à la crypte et au musée.

Quelle est la différence entre le dôme de Brunelleschi et celui de Saint-Pierre de Rome ?

Le dôme florentin, achevé en 1436, a directement inspiré Michel-Ange pour la coupole de Saint-Pierre, commencée en 1547. Celui de Florence est plus large (45 mètres contre 42 de diamètre intérieur), celui de Rome plus haut. La prouesse de Brunelleschi tient à sa construction sans coffrage, une méthode que personne n’a reproduite à cette échelle depuis.

Pourquoi la façade du Duomo paraît-elle si différente du reste ?

Parce qu’elle ne date que de 1887. La façade originale d’Arnolfo di Cambio, restée inachevée, fut démolie en 1587. Le Duomo resta sans façade pendant trois cents ans. L’architecte Emilio De Fabris dessina la façade néogothique actuelle en reprenant les mêmes marbres vert, blanc et rose que le reste de l’édifice.

L’entrée dans la cathédrale est-elle gratuite ?

Oui, l’accès à la cathédrale est gratuit. Le dôme, le campanile de Giotto, le baptistère, la crypte et le musée de l’Opera del Duomo sont accessibles avec un billet combiné payant. Prévoyez entre deux et trois heures pour visiter l’ensemble du complexe.

Activités et visites guidées

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