Duomo de Milan : cathédrale de marbre blanc

Style architectural
Gothique flamboyant
Construction
1386-1965
Hauteur
108.5m (flèche)

Informations pratiques

Horaires
Lun-dim 8h-19h
Tarifs
Cathédrale gratuite, terrasses payantes
Durée de visite
2h-3h
Depuis la France
Vol Paris-Milan 1h30
Milan Italie gothique marbre terrasses
Duomo de Milan
Daniel Case• CC BY-SA 3.0

Cinq cent soixante-dix-neuf ans de chantier

Le Duomo de Milan a mis 579 ans à sortir de terre. De 1386 à 1965, les générations se sont relayées pour édifier cette cathédrale de marbre blanc de Candoglia qui domine la Piazza del Duomo. Quand les derniers éléments décoratifs furent posés, Christophe Colomb avait découvert l’Amérique, Napoléon avait conquis et perdu l’Europe, deux guerres mondiales avaient ravagé le continent. Le Duomo, lui, n’était toujours pas fini.

Avec 157 mètres de longueur, 11 700 mètres carrés de surface intérieure et une capacité de 40 000 fidèles, c’est la plus grande église d’Italie et la troisième du monde, après Saint-Pierre de Rome et la cathédrale de Séville. Sa flèche principale culmine à 108,5 mètres, couronnée par la Madonnina, statue dorée de la Vierge Marie qui veille sur Milan depuis 1774. Un accord tacite voulait qu’aucun bâtiment de la ville ne la dépasse. La tour Pirelli, en 1958, rompit cette tradition, et l’on plaça une copie de la Madonnina à son sommet pour se faire pardonner.

La construction d’un colosse

L’ambition des Visconti

L’archevêque Antonio da Saluzzo lança le projet en 1386, avec le soutien financier et politique de Gian Galeazzo Visconti, seigneur de Milan. L’ambition était démesurée dès le départ : une cathédrale entièrement en marbre, dans un style gothique capable de rivaliser avec les grandes cathédrales françaises et allemandes. Des architectes et des maîtres d’œuvre venus de toute l’Europe furent appelés au chantier, ce qui donna lieu à des querelles techniques mémorables entre traditions constructives du Nord et du Sud.

Le marbre de Candoglia

Le choix du marbre blanc rosé de Candoglia, extrait des carrières du Lac Majeur, détermina l’identité visuelle du Duomo. Ce matériau précieux voyageait par bateau sur le Tessin puis par les canaux de Milan. Chaque bloc portait les lettres « AUF » (Ad Usum Fabricae, « pour l’usage de la fabrique »), qui le dispensaient de taxes. Aujourd’hui encore, les carrières de Candoglia fournissent le marbre nécessaire à la restauration permanente de l’édifice. Le Duomo est en perpétuel entretien : quand on finit de nettoyer un côté, il faut reprendre de l’autre.

De Napoléon aux dernières flèches

La construction traversa les siècles avec des périodes d’intense activité et de quasi-abandon. Napoléon Bonaparte, lors de son couronnement comme roi d’Italie en 1805, ordonna l’achèvement de la façade. Elle fut terminée en 1813, dans un mélange de gothique et de néoclassique qui fait encore débat parmi les historiens de l’art. Les derniers éléments décoratifs ne furent installés qu’en 1965.

L’extérieur, un musée à ciel ouvert

3 400 statues et 135 flèches

La toiture du Duomo n’a aucun équivalent. Hérissée de 135 flèches en marbre, ornée de plus de 3 400 statues, elle forme un peuple de pierre que l’on ne peut appréhender dans sa totalité qu’en montant sur les terrasses. Chaque statue est une œuvre individuelle : des saints, des prophètes, des animaux fantastiques, des figures allégoriques. On y trouve même une statue de la Liberté qui aurait inspiré Bartholdi pour celle de New York, bien que cette filiation soit disputée.

La façade

Les cinq portes de bronze massif sont ornées de bas-reliefs racontant l’histoire de Milan et de la Vierge Marie. Au-dessus, les fenêtres ogivales et les pinacles finement ciselés donnent au marbre l’apparence de la dentelle. Quand le soleil de fin d’après-midi frappe la façade, le marbre de Candoglia prend une teinte rose-orangé qui ne dure que quelques minutes.

Les terrasses, l’expérience à ne pas manquer

Si vous ne devez faire qu’une seule chose au Duomo, montez sur les terrasses. On y accède par escalier (environ 250 marches) ou par ascenseur. Là-haut, on se promène entre les flèches et les statues de marbre, au milieu d’un paysage vertical de pinacles et de gargouilles. On peut toucher la pierre, observer de près le travail des sculpteurs du XIVe siècle.

Le panorama embrasse tout Milan. Par temps clair, on aperçoit les Alpes au nord et les premiers contreforts des Apennins au sud. Aucune autre cathédrale au monde ne permet cette immersion dans son architecture de toiture.

L’intérieur du Duomo

Cinq nefs et des vitraux géants

L’intérieur surprend par sa sobriété relative après la profusion de l’extérieur. Cinq nefs soutenues par 52 piliers massifs créent un espace de recueillement où la lumière filtre à travers des vitraux parmi les plus grands du monde, certains atteignant 20 mètres de hauteur. La pénombre est dense. Il faut un moment pour que les yeux s’adaptent après la lumière milanaise.

Le clou de la Sainte Croix

Dans l’abside, suspendu à 45 mètres de hauteur, un reliquaire contient un clou considéré comme provenant de la crucifixion du Christ. Chaque année, lors de la fête de l’Exaltation de la Sainte Croix en septembre, l’archevêque de Milan est hissé jusqu’au reliquaire dans un panier conçu par Léonard de Vinci pour descendre la relique et la présenter aux fidèles. La cérémonie dure trois jours.

La crypte de saint Charles Borromée

Sous le maître-autel, la crypte abrite les restes de saint Charles Borromée, archevêque de Milan au XVIe siècle et figure centrale de la Contre-Réforme. Son corps est conservé dans un sarcophage de cristal et d’argent. On peut le voir à travers la paroi transparente, revêtu de ses habits liturgiques. La crypte est petite, silencieuse, à l’opposé de l’immensité de la nef au-dessus.

La Piazza del Duomo

La place est le centre géographique et émotionnel de Milan. D’un côté, la Galleria Vittorio Emanuele II, inaugurée en 1877, le plus ancien centre commercial couvert du monde avec sa coupole de verre et de fer. De l’autre, le Palazzo Reale, aujourd’hui musée. Les Milanais s’y retrouvent, les touristes s’y égarent. Le soir, quand les projecteurs illuminent la façade du Duomo, le marbre blanc devient presque bleu.

FAQ

Comment accéder aux terrasses du Duomo de Milan ?

Deux options : l’escalier (environ 250 marches, moins cher) ou l’ascenseur. Les billets combinés incluent souvent la cathédrale, les terrasses, le musée et la zone archéologique souterraine. Réservez en ligne pour éviter les files d’attente, surtout entre mai et septembre.

Combien de temps faut-il pour visiter le Duomo ?

Comptez au minimum deux heures pour l’intérieur de la cathédrale, les terrasses et la zone archéologique. Ajoutez une heure si vous souhaitez visiter le musée du Duomo, situé à deux pas dans le Palazzo Reale. Les terrasses méritent à elles seules une bonne heure d’exploration.

Le Duomo de Milan est-il la plus grande cathédrale du monde ?

Le Duomo est la plus grande église d’Italie et la troisième au monde par surface intérieure, après la basilique Saint-Pierre de Rome et la cathédrale de Séville. Il est aussi la plus grande cathédrale jamais construite entièrement en marbre, ce qui le place à part dans l’histoire de l’architecture.

Peut-on assister à une messe au Duomo de Milan ?

Oui. Des messes sont célébrées quotidiennement, généralement tôt le matin et en début de soirée. L’accès pour les offices est gratuit et distinct de l’accès touristique. Assister à une messe dans cet espace est une manière de vivre la cathédrale telle qu’elle a été conçue : comme un lieu de culte, pas seulement comme un monument.

Activités et visites guidées

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