Basilique du Sacré-Cœur de Bruxelles : géant Art déco

Style architectural
Art Déco
Construction
1905-1969
Hauteur
89m (dôme)

Informations pratiques

Horaires
Lun-dim 8h-17h (été jusqu'à 18h)
Tarifs
Gratuit (panorama payant)
Durée de visite
1h-1h30
Depuis la France
Thalys Paris-Bruxelles 1h22
Bruxelles Belgique Art déco Koekelberg basilique
Basilique du Sacré-Cœur de Bruxelles
Unknown• Public domain

La cinquième plus grande église du monde

La basilique nationale du Sacré-Cœur de Koekelberg est l’un des monuments les plus méconnus de Belgique. Et pourtant l’un des plus impressionnants. Cinquième plus grande église du monde par sa superficie, elle domine Bruxelles depuis le sommet de la colline de Koekelberg, avec sa silhouette massive et son dôme de cuivre vert. Cet édifice colossal, 64 ans de chantier, est le plus grand bâtiment Art déco du monde. Son histoire se confond avec celle de la Belgique au XXe siècle.

Les chiffres donnent le vertige. 167 mètres de long, 107 de large, 89 de haut. Malgré ces dimensions, la basilique reste étonnamment peu connue en dehors de la Belgique, éclipsée par les attractions plus célèbres de la capitale. C’est injuste.

L’histoire d’un projet monumental

L’initiative de Léopold II

Le roi Léopold II conçut le projet en 1902 : une basilique nationale dédiée au Sacré-Cœur, à l’image du Sacré-Cœur de Montmartre à Paris. La première pierre fut posée en 1905, pour le 75e anniversaire de l’indépendance belge. L’architecte Pierre Langerock dessina un projet néogothique ambitieux, inspiré des cathédrales médiévales. Le roi voulait un monument à la hauteur des grandes églises européennes.

L’abandon du projet néogothique

La Première Guerre mondiale interrompit tout. Après le conflit, le néogothique parut désuet. Et trop cher : les pierres de taille coûtaient une fortune, tandis que le béton armé ouvrait des possibilités nouvelles. En 1920, l’architecte Albert Van Huffel reçut la commande d’un nouveau projet, Art déco cette fois. Son dessin, radicalement différent, proposait une basilique en béton armé et en briques de terre cuite, aux lignes géométriques épurées, couronnée par un immense dôme. Ce basculement du néogothique vers l’Art déco résume le bouleversement esthétique provoqué par la Grande Guerre.

Un chantier interminable

Les travaux reprirent en 1930, puis furent à nouveau interrompus par la Seconde Guerre mondiale. Après 1945, la construction avança lentement, freinée par des problèmes financiers récurrents. La basilique ne fut consacrée qu’en 1969, soit 64 ans après la pose de la première pierre. Albert Van Huffel ne vit jamais son œuvre terminée : il mourut en 1935, le gros œuvre encore en cours. Trois générations de Belges assistèrent au chantier.

L’architecture Art déco

Une monumentalité géométrique

La basilique de Koekelberg est un monument de béton armé recouvert de briques de terre cuite orange et de pierre. Plan en croix latine, dimensions colossales, dôme central de 33 mètres de diamètre. Les lignes sont épurées, géométriques, sans les ornements floraux de l’Art nouveau ni les fioritures du néogothique. Les contreforts anguleux, les tours basses, la masse de l’édifice : tout dégage une impression de puissance brute. On sent le poids du béton. La force de la géométrie.

Le dôme de cuivre

Le dôme, couvert de plaques de cuivre qui ont pris avec le temps une patine verte, culmine à 89 mètres. À l’intérieur, des mosaïques des années 1960 représentent le Christ en gloire. Le cuivre vert contraste avec la terre cuite orange des murs. Ce jeu de couleurs était involontaire au départ (le cuivre était brillant), mais il donne aujourd’hui à la basilique son identité visuelle la plus reconnaissable.

Les matériaux et la décoration

L’intérieur frappe par la qualité des matériaux : marbres de Carrare, granit suédois, terre cuite émaillée. Vitraux géométriques, mosaïques, sculptures en béton moulé, le décor est cohérent et majestueux. Deux claustra en terre cuite filtrent la lumière latérale avec une élégance toute Art déco. Ce sont de véritables dentelles de brique. La lumière qui les traverse dessine au sol des motifs géométriques qui changent au fil des heures.

L’intérieur

Des proportions gigantesques

La nef fait 28 mètres de large et 141 mètres de long. Plus de 2 000 fidèles y tiennent. La hauteur sous coupole atteint 58 mètres. L’espace est dépouillé, sans surcharge décorative, et sa majesté vient de la lumière qui pénètre par les vitraux géométriques et de la pureté des lignes. Le silence y est impressionnant. Les pas résonnent sur le marbre.

Les chapelles latérales

Huit chapelles latérales, dédiées aux saints patrons des provinces belges, bordent la nef. Chacune a son propre style décoratif, reflet des traditions artistiques régionales. Celle de saint Michel, patron de Bruxelles, mérite qu’on s’y arrête pour ses mosaïques dorées. La crypte, vaste espace souterrain, accueille aujourd’hui des expositions et des événements culturels.

Les vitraux

Plusieurs artistes belges ont réalisé les vitraux, dans un vocabulaire géométrique typiquement Art déco. Bleus, ors et rouges dominent. Le vitrail de l’abside, représentant le Sacré-Cœur, est le plus grand et le plus saisissant de l’ensemble. Ses bleus profonds rappellent les vitraux médiévaux, mais les formes sont résolument modernes.

Un monument multifonctionnel

Aujourd’hui, la basilique ne sert pas seulement au culte. Elle abrite un centre d’expositions dans la crypte, un restaurant panoramique, un théâtre et des salles de conférence. Cette polyvalence assure l’entretien du monument et en fait un lieu vivant au cœur de Koekelberg. Les Bruxellois y viennent pour un concert, une exposition ou simplement pour la vue. La basilique vit, et c’est la meilleure garantie de sa préservation.

Le panorama

La galerie panoramique du dôme est l’un des secrets les mieux gardés de Bruxelles. À 52 mètres de hauteur, la vue embrasse toute l’agglomération, du centre historique aux forêts de Soignes, avec l’Atomium et le Palais Royal bien visibles. Par temps clair, les collines du Brabant wallon se dessinent à l’horizon. C’est l’un des meilleurs points de vue sur la capitale belge, et pourtant bien moins fréquenté que la terrasse du Palais de Justice ou la butte du Cinquantenaire. Un ascenseur vous monte sans effort.

FAQ

La basilique de Koekelberg est-elle vraiment la 5e plus grande église du monde ?

Oui. 8 000 mètres carrés de superficie, ce qui la place après Saint-Pierre de Rome, Notre-Dame d’Aparecida au Brésil, la cathédrale de Séville et le Duomo de Milan. Elle est la plus grande église de Belgique et le plus grand édifice Art déco du monde. Ces deux records sont rarement mentionnés dans les guides touristiques. Cela contribue à sa discrétion.

Comment se rendre à la basilique de Koekelberg ?

Métro jusqu’à Simonis (ligne 2 ou 6), puis tramway (ligne 19 ou 87, arrêt Basilique). Un parking gratuit est disponible pour ceux qui viennent en voiture. Comptez 20 minutes depuis le centre de Bruxelles en transports en commun. La basilique se trouve sur le plateau de Koekelberg, à environ 3 kilomètres de la Grand-Place. La montée à pied depuis la station de métro prend une dizaine de minutes.

Pourquoi la basilique de Koekelberg est-elle si peu connue ?

Elle est excentrée par rapport au centre touristique. Son style Art déco, moins romantique que le gothique, attire moins spontanément les visiteurs. Le monument a aussi longtemps souffert d’un manque de promotion. La situation change : le panorama attire de plus en plus de monde, et les événements culturels dans la crypte gagnent en notoriété. Si vous n’avez qu’une heure de libre à Bruxelles et que vous aimez l’architecture du XXe siècle, allez-y.

Peut-on combiner la visite avec d’autres sites bruxellois ?

Oui, et facilement. L’Atomium et le parc de Laeken se trouvent à quelques kilomètres au nord. Le Musée René Magritte de Jette, consacré à la maison où vécut le peintre surréaliste, est dans le même quartier. En une demi-journée, on peut enchaîner la basilique, le panorama et l’Atomium. Le tramway 19 relie directement ces sites.

Activités et visites guidées

Powered by Viator — une société Tripadvisor