Cathédrale d'Angers : voûtes bombées du gothique angevin

Style architectural
Gothique angevin/Plantagenêt
Construction
XIIe-XIIIe siècle
Hauteur
25m (voûtes)

Informations pratiques

Horaires
Lun-dim 8h30-18h30
Tarifs
Gratuit
Durée de visite
45min
gothique angevin Plantagenêt voûtes bombées Anjou Maine-et-Loire
Cathédrale d'Angers
Coyau• CC BY-SA 3.0

L’édifice fondateur du style angevin

Au sommet de la colline qui domine la Maine, la cathédrale Saint-Maurice d’Angers pointe sa flèche unique vers le ciel depuis le cœur de l’ancienne capitale de l’Anjou. C’est ici qu’est né le gothique angevin. Ses voûtes bombées portent la signature d’un style architectural qui s’est propagé dans tout l’ouest de la France, de la Touraine au Poitou, et jusqu’en Italie du Sud et en Terre Sainte, partout où les Plantagenêts ont étendu leur influence.

L’essentiel de la construction s’étale entre le milieu du XIIe et le début du XIIIe siècle. Le plan surprend par sa simplicité presque cistercienne : un vaisseau unique sans bas-côtés, flanqué de chapelles latérales ajoutées plus tard. Disposition inhabituelle pour une cathédrale. Mais c’est précisément cette audace qui donne à l’espace intérieur son ampleur et sa clarté, une impression qui saisit dès le franchissement du seuil.

Les voûtes bombées, signature de l’Anjou

La particularité la plus spectaculaire de la cathédrale réside dans ses voûtes d’ogives au profil fortement bombé. Là où les voûtes d’Île-de-France restent relativement plates, les voûtes angevines présentent des clés situées nettement au-dessus des arcs formerets et doubleaux. Résultat : un profil en forme de coupole. Ce système constructif distribue les poussées autrement que les voûtes classiques et permet de couvrir de vastes espaces sans recourir aux arcs-boutants.

L’origine du système

Les voûtes angevines plongent leurs racines dans la tradition constructive de l’ouest de la France, où les églises à file de coupoles, comme la cathédrale de Cahors ou l’abbatiale de Fontevraud, constituaient un modèle courant. Les architectes angevins ont transposé ce principe en le combinant avec la croisée d’ogives. Le système hybride qui en résulte allie la monumentalité de la coupole à la souplesse de l’ogive. La cathédrale d’Angers est le premier grand édifice où cette formule fut pleinement mise en œuvre.

Un espace sans arcs-boutants

L’absence d’arcs-boutants découle directement du système de voûtes bombées. Les cathédrales du nord ont besoin de ces étais extérieurs pour contrebalancer la poussée de leurs voûtes. Pas Angers. Les voûtes angevines répartissent leur charge de manière plus uniforme et rendent ces contreforts superflus. L’extérieur de la cathédrale affiche donc une silhouette d’une sobriété frappante, à l’opposé de la forêt d’arcs-boutants des cathédrales franciliennes.

La façade, majestuosité sobre

La façade occidentale frappe par sa composition équilibrée et sa retenue décorative. Encadrée de deux tours coiffées de flèches du XIXe siècle, elle présente un portail central orné de sculptures du XIIe siècle représentant le Christ en majesté entouré des symboles des évangélistes. Les voussures, décorées de figures d’anges et de saints, conservent une partie de leur polychromie originelle. On distingue encore des traces de bleu et de rouge sur certaines figures, vestiges d’un éclat que l’on peine à imaginer aujourd’hui.

La galerie des saints

Au-dessus du portail, une galerie de statues représentant des saints et des évêques d’Angers court sur toute la largeur de la façade. Ces figures, partiellement restaurées, portent la marque d’un programme iconographique ambitieux. La grande fenêtre en arc brisé qui surmonte la galerie confère à la façade une verticalité mesurée, en harmonie avec les proportions de l’ensemble.

L’intérieur, ampleur et lumière

L’intérieur impressionne. Le vaisseau unique, large de 16 mètres et long de 90, s’élève à 25 mètres sous les voûtes bombées. Un volume généreux où la lumière circule librement. Les grandes fenêtres percées dans les murs latéraux, garnies de vitraux du XIIe au XIXe siècle, éclairent directement le vaisseau sans la médiation de bas-côtés.

Les vitraux

Les vitraux couvrent une large période. Les plus anciens, dans le chœur et le transept, datent du XIIe siècle et présentent des scènes bibliques dans des médaillons aux couleurs intenses, bleus profonds et rouges saturés. La verrière de la Dormition et de l’Assomption de la Vierge, datée des années 1180, compte parmi les chefs-d’œuvre de l’art du vitrail roman. Dans les chapelles latérales, les vitraux du XVe siècle offrent des compositions plus narratives et des coloris plus nuancés.

Le contexte Plantagenêt

La construction de la cathédrale s’inscrit dans le contexte de la puissance Plantagenêt. L’Anjou, terre natale de la dynastie, était au XIIe siècle le cœur d’un empire qui englobait l’Angleterre, la Normandie, l’Aquitaine et une partie de l’Irlande. Henri II Plantagenêt et Aliénor d’Aquitaine sont les commanditaires implicites de l’édifice. Leur fils Richard Cœur de Lion fut baptisé dans cette cathédrale. Le style angevin, avec sa prédilection pour les espaces larges et lumineux, reflète la culture d’une aristocratie qui gouvernait des deux côtés de la Manche.

FAQ

Qu’est-ce que le gothique angevin ?

Le gothique angevin, aussi appelé gothique Plantagenêt, est un style architectural né dans l’ouest de la France au XIIe siècle. Sa caractéristique principale est la voûte d’ogives au profil bombé, dont la clé se situe nettement plus haut que les arcs latéraux, créant un effet de coupole. Ce système permet de couvrir de vastes espaces sans arcs-boutants. Il s’est répandu dans tout l’Anjou, la Touraine, le Poitou et même en Italie du Sud, partout où s’est exercée l’influence des Plantagenêts.

Pourquoi la cathédrale d’Angers n’a-t-elle pas de bas-côtés ?

Le plan à vaisseau unique s’explique par le système constructif angevin. Les voûtes bombées répartissent les charges différemment des voûtes classiques et permettent de couvrir de larges espaces sans supports intermédiaires ni arcs-boutants. L’intérieur gagne une ampleur et une clarté qu’on ne retrouve pas dans les cathédrales du nord, où la succession de vaisseaux fragmente l’espace.

Quel est le lien entre la cathédrale et la tenture de l’Apocalypse ?

La tenture de l’Apocalypse, exposée dans le château d’Angers tout proche, a été commandée vers 1375 par le duc Louis Ier d’Anjou. Longue de 140 mètres, c’est la plus grande tapisserie du Moyen Âge. Elle s’inspirait d’un manuscrit enluminé conservé à la cathédrale. Bien que la tenture ne soit pas exposée dans la cathédrale elle-même, les deux œuvres partagent un contexte historique commun et reflètent le rayonnement artistique et spirituel de l’Anjou médiéval.

Peut-on visiter la cathédrale d’Angers gratuitement ?

Oui, l’entrée de la cathédrale Saint-Maurice est gratuite. Elle est ouverte tous les jours de 8h30 à 18h30. Comptez environ 45 minutes pour une visite complète. Ne manquez pas les voûtes bombées de la nef, les vitraux du XIIe siècle dans le chœur et la façade occidentale avec ses sculptures romanes polychromées.