Cathédrale Saint-André de Bordeaux : portail Royal et tour

Style architectural
Roman / Gothique
Construction
XIe-XVe siècle
Hauteur
66m (tour Pey-Berland)
Distinction
UNESCO

Informations pratiques

Horaires
Lun-sam 10h-12h, 14h-18h / Dim 14h30-18h
Tarifs
Gratuit (cathédrale) / Payant (tour)
Durée de visite
1h-1h30
roman gothique Bordeaux Gironde UNESCO portail-Royal Pey-Berland
Cathédrale Saint-André Bordeaux et tour Pey-Berland
Marc Ryckaert (MJJR)• CC BY-SA 3.0

La cathédrale du port de la Lune

Au coeur de Bordeaux, sur la place Pey-Berland, la cathédrale Saint-André impose sa masse gothique à quiconque traverse le centre historique. On la repère de loin. Sa tour-clocher isolée, la fameuse tour Pey-Berland, se détache du reste de l’édifice à quelques mètres de distance, chose rarissime en France. Cette cathédrale a vu passer des rois, des reines et des siècles entiers de conflits entre la France et l’Angleterre. C’est ici, en 1137, que fut célébré le mariage d’Aliénor d’Aquitaine et du futur roi Louis VII, une union qui allait redessiner la carte politique de l’Europe occidentale pour trois cents ans.

La construction de l’édifice actuel s’étend du XIe au XVe siècle. La nef romane, partie la plus ancienne, fut élevée au XIe siècle avec des proportions modestes. Le choeur gothique, le transept et les portails sculptés datent des XIIIe et XIVe siècles. On lit dans cette cathédrale quatre siècles de tâtonnements, de reprises et d’ambitions successives, chaque époque ayant laissé sa marque dans la pierre.

Le portail Royal, sommet de la sculpture gothique aquitaine

Le tympan du Jugement dernier

Le portail Royal s’ouvre sur le bras nord du transept. C’est probablement le plus beau morceau de sculpture gothique de toute l’Aquitaine. Le tympan représente un Jugement dernier saisissant : le Christ-Juge trône au centre, encadré par des anges qui brandissent les instruments de la Passion. En dessous, les morts sortent de leurs tombeaux avec une expressivité qui frappe encore après sept siècles. Les voussures accueillent un cortège de prophètes, d’anges et de saints dont la finesse de ciselure rivalise avec les meilleurs ateliers d’Île-de-France.

Le portail sud et les apôtres

Le portail sud du transept, également du XIVe siècle, représente une Ascension du Christ entourée des douze apôtres. Les statues-colonnes des ébrasements ont souffert pendant la Révolution, mais ce qui reste conserve une élégance et une noblesse indéniables. Détail intéressant : les deux portails latéraux sont bien plus richement décorés que la façade occidentale, volontairement austère. Les commanditaires voulaient concentrer tout le programme sculpté du côté de la ville, là où les fidèles passaient quotidiennement. Un choix pragmatique autant qu’esthétique.

La tour Pey-Berland, un clocher autonome

Un beffroi séparé pour un sol fragile

La tour Pey-Berland fut érigée entre 1440 et 1466 à l’initiative de l’archevêque Pey Berland. Elle se tient à quelques mètres de la cathédrale sans y être rattachée. Cette disposition rappelle les campaniles italiens de Florence ou de Pise, mais ici la raison est moins esthétique que géologique : le terrain marécageux de la place ne pouvait pas supporter le poids d’un clocher massif ajouté aux murs de la cathédrale. On a donc construit la tour à part, sur ses propres fondations. Solution radicale, mais elle tient depuis presque six siècles.

Le panorama depuis le sommet

Haute de 66 mètres, la tour est couronnée depuis 1863 par une statue dorée de Notre-Dame d’Aquitaine qui capte la lumière du soleil au-dessus des toits de la ville. L’ascension coûte quelques euros, mais le panorama les vaut largement. On embrasse tout Bordeaux d’un coup d’oeil : les quais de la Garonne, les toits du XVIIIe siècle, les méandres du fleuve et, par temps clair, les premiers coteaux du vignoble bordelais à l’horizon. C’est sans doute le meilleur point de vue de la ville, loin devant la flèche Saint-Michel.

De l’Aquitaine anglaise à la France

Le mariage d’Aliénor

En 1137, la cathédrale Saint-André servit de cadre au mariage d’Aliénor d’Aquitaine avec le prince Louis, futur Louis VII. Cette union apportait à la couronne de France l’immense duché d’Aquitaine, le tiers sud-ouest du royaume. Mais l’histoire prit un tournant brutal. En 1152, le mariage fut annulé. Aliénor, libre, épousa Henri Plantagenêt, futur roi d’Angleterre, plaçant l’Aquitaine sous domination anglaise pour trois siècles. Un mariage bordelais qui changea le destin de deux royaumes.

Les grands événements

La cathédrale accumula d’autres événements majeurs au fil des siècles. En 1234, le mariage de Louis IX (saint Louis) avec Marguerite de Provence y fut célébré. Pendant la guerre de Cent Ans, elle fut le théâtre des luttes entre partisans français et anglais, chaque camp cherchant à contrôler ce symbole du pouvoir spirituel. En 1615, le mariage par procuration de Louis XIII avec Anne d’Autriche eut lieu dans ses murs, perpétuant la vocation royale de l’édifice. Peu de cathédrales françaises peuvent revendiquer un tel palmarès matrimonial.

Un patrimoine restauré et vivant

La cathédrale a fait l’objet de campagnes de restauration considérables depuis le XIXe siècle. Les portails sculptés, longtemps rongés par la pollution urbaine et les intempéries, ont été nettoyés et consolidés, révélant des détails que personne n’avait vus depuis des générations. L’intérieur, débarrassé des enduits qui masquaient la pierre nue, a retrouvé une clarté que les bâtisseurs médiévaux avaient probablement voulue. Le quartier autour de la cathédrale mérite aussi qu’on s’y attarde : l’hôtel de ville, installé dans l’ancien palais archiépiscopal, et les ruelles médiévales environnantes forment un ensemble cohérent où l’on sent encore le poids de l’histoire bordelaise.

FAQ

Pourquoi la tour Pey-Berland est-elle séparée de la cathédrale ?

La tour Pey-Berland fut construite entre 1440 et 1466 à quelques mètres de la cathédrale, sans y être rattachée, en raison de la nature du sol. Le terrain marécageux de la place Pey-Berland ne pouvait supporter le poids supplémentaire d’un clocher massif adossé aux murs de la cathédrale. Cette disposition, inhabituelle en France, rappelle les campaniles italiens de Florence ou de Pise. La tour doit son nom à l’archevêque Pey Berland qui ordonna sa construction.

Quel mariage célèbre eut lieu dans la cathédrale de Bordeaux ?

Le mariage le plus célèbre est celui d’Aliénor d’Aquitaine avec le futur roi Louis VII de France, célébré en 1137. Cette union eut des conséquences considérables pour l’histoire européenne : après son annulation en 1152, Aliénor épousa Henri Plantagenêt, rattachant l’Aquitaine à la couronne d’Angleterre pour trois siècles. La cathédrale accueillit également le mariage de Saint Louis en 1234 et celui de Louis XIII en 1615.

La cathédrale Saint-André est-elle classée UNESCO ?

Oui. La cathédrale Saint-André fait partie du bien “Bordeaux, Port de la Lune” inscrit au patrimoine mondial de l’UNESCO en 2007. Elle est également classée au titre des chemins de Saint-Jacques-de-Compostelle depuis 1998. Avec sa tour Pey-Berland, elle forme l’un des ensembles monumentaux les plus visités de Bordeaux.

Peut-on monter au sommet de la tour Pey-Berland ?

Oui, la tour est ouverte aux visiteurs moyennant un droit d’entrée de quelques euros. L’ascension compte environ 230 marches et mène à une plateforme panoramique située à plus de 50 mètres de hauteur. Le panorama couvre l’ensemble de Bordeaux, la Garonne et les coteaux du vignoble. La montée est gérée par le Centre des Monuments Nationaux, et les horaires varient selon la saison.

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