Cathédrale de Lyon : primatiale des Gaules

Style architectural
Gothique
Construction
XIIe-XVe siècle
Hauteur
44m (tours)
Distinction
UNESCO

Informations pratiques

Horaires
Lun-ven 8h15-19h45 / Sam-dim 8h-19h
Tarifs
Gratuit
Durée de visite
45min-1h
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Cathédrale Saint-Jean-Baptiste Lyon primatiale des Gaules
Romainbehar• CC0

La primatiale au pied de Fourvière

Au cœur du Vieux-Lyon, entre la colline de Fourvière et les rives de la Saône, la cathédrale Saint-Jean-Baptiste occupe un emplacement qu’aucun urbaniste n’aurait pu mieux choisir. Elle se tient là, calée entre la pente et le fleuve, depuis le XIIe siècle.

Son titre officiel est « primatiale des Gaules ». Cela signifie que l’archevêque de Lyon possède la préséance sur tous les évêques de France. Ce privilège remonte aux origines chrétiennes de Lugdunum, où saint Pothin subit le martyre en 177 et où saint Irénée posa les bases théologiques de l’Église d’Occident. Aucun autre édifice religieux français ne porte ce titre. Il n’y a qu’une seule primatiale des Gaules, et c’est celle-ci.

La construction de la cathédrale actuelle a débuté vers 1175. L’abside et le chœur furent élevés en premier, dans un style roman bourguignon reconnaissable à ses arcs en plein cintre et à ses chapiteaux à feuillages. Puis le chantier s’est poursuivi pendant trois siècles. La nef et la façade, achevées au XIVe siècle, relèvent du gothique rayonnant. Le résultat est un édifice à deux visages : roman quand on regarde vers l’est, gothique quand on se tourne vers l’ouest. Cette cohabitation fonctionne. Les deux styles se répondent au lieu de se contredire.

L’horloge astronomique : un mécanisme vieux de six siècles

Ce qu’elle indique

L’horloge astronomique de Saint-Jean est installée dans le bras nord du transept depuis le XIVe siècle. C’est l’une des plus anciennes d’Europe encore en fonctionnement. Son cadran affiche l’heure, la date, la position du soleil et de la lune, et le calendrier des fêtes religieuses mobiles, celles dont la date change chaque année comme Pâques ou l’Ascension.

Le mécanisme a été revu plusieurs fois au cours des siècles, mais le principe reste celui d’un système de poids et de rouages entièrement mécanique. Pas d’électricité. Les engrenages tournent comme ils tournaient sous Charles V. C’est à la fois fascinant et un peu vertigineux quand on y pense.

Le spectacle des automates

À midi, 14 heures et 16 heures, l’horloge s’anime. Un coq mécanique chante trois fois. L’ange de l’Annonciation salue la Vierge. Le Saint-Esprit descend sous la forme d’une colombe. Ce ballet d’automates, ajouté au XVIIe siècle, dure quelques minutes. Il attire chaque jour des grappes de visiteurs qui lèvent la tête dans le transept, téléphone en main.

Le spectacle est bref mais vaut le détour, surtout si l’on est accompagné d’enfants. L’émerveillement est garanti. Arrivez dix minutes en avance : les meilleures places partent vite, et le transept se remplit rapidement à l’approche de l’heure.

Les vitraux médiévaux

Les roses du transept

Les deux roses du transept mesurent environ 7 mètres de diamètre. Elles datent du XIIIe siècle. La rose nord développe un cycle de la Rédemption, la rose sud illustre des scènes de l’Ancien Testament. Leurs couleurs sont restées d’une vivacité remarquable, avec des bleus profonds et des rouges sang qui inondent le transept d’une lumière colorée quand le soleil les frappe.

On a tendance à lever les yeux vers les voûtes dans les cathédrales et à négliger les roses. À Saint-Jean, ce serait une erreur. Ces deux rosaces comptent parmi les plus belles de la région Rhône-Alpes.

Les verrières de l’abside

Plus anciennes encore, les verrières de l’abside remontent au début du XIIIe siècle. Elles racontent la vie de saint Jean-Baptiste, patron de la cathédrale, et des épisodes de l’enfance du Christ. Leur style conserve des traits romans : des figures frontales, hiératiques, aux drapés schématiques, sur des fonds unis. Ces vitraux sont parmi les plus anciens de la région lyonnaise. Ils rappellent que Lyon disposait d’ateliers verriers de premier plan dès les années 1200.

La cathédrale des conciles et des couronnements

Deux conciles œcuméniques

Saint-Jean a accueilli deux conciles œcuméniques, ce qui est exceptionnel pour une cathédrale française. Le premier concile de Lyon, en 1245, fut convoqué par le pape Innocent IV pour déposer l’empereur Frédéric II du Saint-Empire. La sentence fut prononcée dans cette nef même. L’événement eut un retentissement considérable dans toute l’Europe médiévale.

Le deuxième concile de Lyon, en 1274, tenta la réunion des Églises d’Orient et d’Occident. Saint Thomas d’Aquin mourut en chemin, avant d’y parvenir. Saint Bonaventure, lui, mourut pendant le concile. La réconciliation proclamée ne dura pas, mais le concile resta dans les mémoires comme l’une des dernières grandes tentatives d’unité chrétienne avant le schisme définitif.

Couronnements et mariages royaux

Le pape Clément V fut couronné à Saint-Jean en 1305, inaugurant la période de la papauté en Avignon. En 1600, Henri IV y épousa Marie de Médicis lors d’une cérémonie somptueuse organisée par le cardinal-légat. Ce mariage scella le rapprochement entre la France et la Toscane, et il fut célébré ici plutôt qu’à Paris parce que Lyon se trouvait à mi-chemin entre les deux pays. La cathédrale servait alors de lieu de rencontre naturel entre les mondes français et italien.

La façade et la manécanterie

La façade occidentale, achevée vers 1480, présente trois portails ornés de sculptures gothiques. Les médaillons qui encadrent les portes composent un véritable calendrier de pierre : scènes de la Création, travaux des mois, signes du zodiaque. On y lit le rythme de l’année médiévale, du labourage de mars aux vendanges de septembre.

Juste à côté de la cathédrale, la manécanterie mérite un coup d’œil. Cette ancienne école de chant conserve une façade romane du XIe siècle, antérieure à la cathédrale elle-même. Ses arcatures aveugles et ses colonnes engagées en font l’un des plus vieux vestiges du quartier canonial. On passe facilement devant sans la remarquer, mais c’est un morceau d’architecture romane d’une qualité rare pour Lyon.

Conseils pratiques pour la visite

La cathédrale est gratuite et ouverte tous les jours. Prévoyez 45 minutes à une heure pour la visite. Si vous voulez voir le spectacle de l’horloge astronomique, visez midi, 14 heures ou 16 heures. Le quartier du Vieux-Lyon qui entoure la cathédrale, classé au patrimoine mondial de l’UNESCO depuis 1998, vaut à lui seul une demi-journée : traboules, hôtels particuliers Renaissance, bouchons lyonnais. La station de métro Vieux-Lyon, sur la ligne D, est à deux minutes à pied du parvis.

FAQ

Pourquoi la cathédrale de Lyon est-elle appelée primatiale ?

Le titre de primatiale signifie que l’archevêque de Lyon détient la primauté sur tous les évêques de France. Ce privilège, contesté au fil des siècles par d’autres archevêchés, remonte au rôle de Lugdunum dans la christianisation de la Gaule. Lyon fut le siège du premier martyr des Gaules, saint Pothin, en 177, et de saint Irénée, l’un des Pères de l’Église. Aucun autre édifice religieux français ne porte ce titre.

Comment fonctionne l’horloge astronomique ?

L’horloge, installée au XIVe siècle, est actionnée par un mécanisme de poids et de rouages entièrement mécanique. Elle indique l’heure, la date, la position du soleil et de la lune, ainsi que les fêtes mobiles du calendrier liturgique. À midi, 14 heures et 16 heures, un spectacle d’automates du XVIIe siècle met en scène l’Annonciation : un ange, la Vierge, le Saint-Esprit sous forme de colombe et un coq qui chante trois fois.

La cathédrale est-elle classée au patrimoine mondial ?

Oui. La cathédrale Saint-Jean fait partie du site historique de Lyon inscrit à l’UNESCO depuis 1998. Le classement englobe le Vieux-Lyon, la colline de Fourvière, la Presqu’île et une partie de la Croix-Rousse. Le quartier de la cathédrale, avec ses traboules et ses hôtels particuliers Renaissance, constitue l’un des ensembles urbains de la Renaissance les plus étendus d’Europe.

Quel est le meilleur moment pour visiter ?

Le matin en semaine, l’affluence est faible et la lumière entre par les verrières de l’abside avec une belle intensité. Pour le spectacle de l’horloge, le créneau de midi est le plus populaire. Évitez les dimanches matin si vous ne souhaitez pas assister à la messe, car l’accès au transept est limité pendant les offices.

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