Cathédrale de Troyes : 1 500 m² de vitraux

Style architectural
Gothique
Construction
XIIIe-XVIIe siècle
Hauteur
Non renseignée

Informations pratiques

Horaires
Mar-sam 9h30-13h / 14h-17h, dim 14h-17h
Tarifs
Gratuit
Durée de visite
1h
gothique Champagne vitraux ville aux cent églises Aube
Cathédrale de Troyes
DXR• CC BY-SA 3.0

Une cathédrale faite de lumière

Entrer dans la cathédrale Saint-Pierre-et-Saint-Paul de Troyes un matin ensoleillé, c’est recevoir la lumière en plein visage. Près de 1 500 mètres carrés de vitraux tapissent les murs de l’édifice, du XIIIe au XIXe siècle. Peu de cathédrales en France peuvent rivaliser avec une telle surface vitrée. Le soleil traverse ces parois translucides et projette au sol des taches de bleu, de rouge, de jaune. Les figures bibliques peintes dans le verre semblent alors respirer.

Édifiée entre le XIIIe et le XVIIe siècle, la cathédrale s’élève au cœur d’une ville dont le plan dessine, vu du ciel, la forme d’un bouchon de champagne. Ce détail géographique n’est pas qu’anecdotique. Troyes fut la capitale historique de la Champagne, et ses célèbres foires médiévales attiraient des marchands venus de Flandre, d’Italie et d’Allemagne. La richesse de ces échanges a financé en partie les verrières que l’on admire aujourd’hui.

Une façade volontairement inachevée

La façade occidentale raconte un projet trop ambitieux. Commencée au début du XVIe siècle dans un gothique flamboyant exubérant, elle n’a jamais été terminée. Seule la tour nord, dite tour Saint-Pierre, atteint 62 mètres de hauteur. La tour sud s’arrête au niveau de la nef. Cette asymétrie donne à l’ensemble un caractère presque touchant, comme si la pierre elle-même avouait les limites du possible.

La rosace de Martin Chambiges

La grande rosace de la façade est l’œuvre du maître verrier Martin Chambiges, réalisée au début du XVIe siècle. Son diamètre approche les dix mètres. Le réseau flamboyant qui la structure atteint une complexité étourdissante, et les vitraux qui la garnissent, signés Jean Soudain, représentent le Paradis dans des teintes d’une intensité presque violente. On y sent l’ardeur d’un artisan qui voulait que sa rosace surpasse toutes les autres.

Huit siècles de vitrail sous un même toit

Ce qui rend Troyes exceptionnelle, c’est la continuité. Du XIIIe siècle à l’époque moderne, chaque génération a ajouté ses propres verrières. On peut littéralement suivre l’évolution de l’art du vitrail en parcourant la cathédrale d’est en ouest.

Les médaillons du XIIIe siècle

Les plus anciens vitraux occupent le déambulatoire et les chapelles du chevet. Ils présentent des scènes bibliques dans des médaillons aux couleurs profondes où le bleu et le rouge dominent, selon la tradition des ateliers champenois. La légende de saint Pierre et les épisodes de la vie de la Vierge reviennent fréquemment. Ces panneaux ont une densité narrative remarquable : chaque médaillon contient plusieurs personnages, plusieurs actions, plusieurs registres de lecture.

Le renouveau de la Renaissance

Les verrières du XVIe siècle forment la majeure partie de la surface vitrée. L’influence de la peinture italienne s’y fait sentir dans les compositions plus savantes, les jeux de perspective et l’utilisation de la grisaille. L’atelier de Linard Gontier, maître verrier troyen, a produit des œuvres d’une délicatesse qui rivalisent avec les meilleurs ateliers parisiens de l’époque. On y voit des drapés souples, des architectures en trompe-l’œil, des ciels nuancés. Le vitrail cesse d’être un simple remplissage coloré pour devenir un tableau translucide.

Troyes, la ville aux cent églises

Le surnom n’a rien d’exagéré. La ville concentre une densité d’édifices religieux difficile à égaler en France. Outre la cathédrale, on compte pas moins de neuf églises classées monuments historiques dans le seul centre-ville. La basilique Saint-Urbain, achevée à la fin du XIIIe siècle, est un chef-d’œuvre du gothique rayonnant dont les murs semblent entièrement dissous dans le verre. L’église Sainte-Madeleine possède un jubé Renaissance d’une finesse incomparable. On pourrait passer trois jours à Troyes sans épuiser le sujet.

Le trésor de la cathédrale

Le trésor renferme des pièces considérables. La châsse de saint Bernard de Clairvaux, des émaux champlevés du XIIe siècle et des manuscrits enluminés rappellent la puissance de l’Église troyenne au Moyen Âge. La collection d’orfèvrerie liturgique, avec des calices et des reliquaires couvrant le XIIIe au XVIIIe siècle, mérite à elle seule la visite.

L’orgue et la tradition musicale

L’orgue de la cathédrale, construit au XVIIe siècle et restauré à plusieurs reprises, possède un buffet sculpté classé monument historique. Il accompagne encore les offices et les concerts réguliers. La tradition chorale troyenne, héritière des maîtres de musique qui se succédèrent à la cathédrale depuis le Moyen Âge, reste vivante à travers des ensembles vocaux reconnus dans toute la région.

FAQ

Combien de vitraux compte la cathédrale de Troyes ?

La cathédrale abrite environ 1 500 mètres carrés de vitraux, l’une des plus grandes surfaces vitrées de toutes les cathédrales françaises. Ces verrières couvrent une période allant du XIIIe au XIXe siècle, ce qui permet de suivre l’évolution complète de l’art du vitrail en un seul lieu. Les plus célèbres datent de la Renaissance, réalisées par les maîtres verriers champenois, dont Linard Gontier.

Pourquoi appelle-t-on Troyes la ville aux cent églises ?

Ce surnom renvoie à la densité exceptionnelle d’édifices religieux dans la ville. Le centre de Troyes compte neuf églises classées monuments historiques en plus de la cathédrale, parmi lesquelles la basilique Saint-Urbain, l’église Sainte-Madeleine et l’église Saint-Pantaléon. Cette concentration s’explique par la prospérité de la ville au Moyen Âge, quand les foires de Champagne en faisaient l’un des centres commerciaux les plus importants d’Europe.

Pourquoi la cathédrale de Troyes n’a-t-elle qu’une seule tour ?

La façade prévoyait deux tours, mais seule la tour nord, dite tour Saint-Pierre, fut achevée à 62 mètres de hauteur. La tour sud n’a jamais dépassé le niveau de la nef, probablement en raison de difficultés financières et de changements de priorités au fil des siècles. Ce chantier inachevé rappelle les aléas qui ont frappé la plupart des grandes constructions gothiques, souvent interrompues pendant des décennies.

Quels sont les horaires de visite de la cathédrale de Troyes ?

La cathédrale est ouverte du mardi au samedi de 9h30 à 13h puis de 14h à 17h, et le dimanche de 14h à 17h. L’entrée est gratuite. Comptez environ une heure pour une visite complète, davantage si vous souhaitez détailler chaque verrière avec un guide ou un document explicatif disponible sur place.