Fourvière à Lyon : pèlerinage sur la colline qui prie

Lieu
Lyon, Rhone
Meilleure période
Toute l'année
Durée
Demi-journée
Difficulté
Facile
Lyon basilique Vierge Marie panorama Rhone
Fourviere : La Colline qui Prie de Lyon
Sebleouf• CC BY-SA 4.0

L’éléphant renversé qui veille sur Lyon

Les Lyonnais surnomment leur basilique « l’éléphant renversé » à cause de ses quatre tours massives posées aux angles du toit. La plaisanterie est affectueuse. Fourvière, c’est le cœur spirituel de Lyon, le point le plus haut de la ville, l’endroit où tout converge le 8 décembre quand des milliers de lumignons apparaissent aux fenêtres. On peut sourire de son architecture. On ne peut pas ignorer ce qu’elle représente pour les Lyonnais.

Depuis le sommet de la colline, la basilique Notre-Dame domine la Saône, la Presqu’île, les quais du Rhône. Quand le soleil frappe sa façade de pierre blanche de Seyssel, elle brille au-dessus de la ville comme un signal. La nuit, illuminée, on la voit depuis l’autoroute bien avant d’entrer dans Lyon.

Une dévotion née de la peste

La relation entre Lyon et la Vierge de Fourvière remonte à 1643. Cette année-là, la peste menace la ville. Les échevins, les magistrats municipaux de l’époque, montent en procession sur la colline et consacrent Lyon à la Vierge Marie. La peste recule. Depuis, chaque 8 septembre, les autorités lyonnaises renouvellent ce vœu.

En 1870, c’est une autre menace : l’armée prussienne avance vers Lyon après la défaite de Sedan. Les Lyonnais font le vœu de construire une grande basilique si la ville est épargnée. Les Prussiens s’arrêtent. La construction commence en 1872, sur les plans de l’architecte Pierre Bossan, et s’achève en 1896. Ce lien entre Fourvière et les épreuves de Lyon donne au sanctuaire une profondeur que les guides touristiques mentionnent rarement.

Dehors sobre, dedans éclatant

L’extérieur de la basilique est austère. Pierre blanche, lignes géométriques, mélange de roman et de byzantin. Rien ne prépare à ce qui attend à l’intérieur. En poussant les portes, on entre dans une explosion de couleurs. Des mosaïques dorées couvrent les voûtes. Des marbres polychromes tapissent les colonnes : verts, roses, rouges. Les vitraux jettent des taches de lumière sur le sol. Six chapelles rayonnent autour de la nef, chacune dédiée à un mystère de la vie de la Vierge.

L’effet est saisissant. Certains trouvent cela excessif. D’autres y voient une forme de prière par la beauté, une tentative de donner à la Vierge ce que l’art humain peut offrir de plus riche. On ne reste pas indifférent.

La crypte Saint-Joseph

Sous la basilique, la crypte dédiée à saint Joseph contraste avec l’église haute. Le décor est dépouillé, les voûtes basses, la lumière tamisée. C’est là que les Lyonnais viennent prier au quotidien, loin de l’affluence touristique de l’étage supérieur. On y trouve souvent des fidèles assis en silence, un chapelet entre les mains. La crypte est le lieu intime de Fourvière, celui où la prière se fait discrète.

La vue depuis l’esplanade

L’esplanade devant la basilique offre l’un des plus beaux points de vue de France. La Presqu’île s’étire entre la Saône et le Rhône. Les toits ocre du Vieux Lyon s’étagent en contrebas. Au-delà, la plaine du Rhône s’étend vers l’est. Par temps clair (une quinzaine de jours par an au mieux), la chaîne des Alpes apparaît à l’horizon, dominée par le Mont-Blanc. Un repère d’orientation en bronze, scellé dans la balustrade, permet d’identifier les sommets.

La fête des Lumières, entre foi et spectacle

Chaque 8 décembre, les Lyonnais déposent des lumignons, de petites bougies dans des verres, sur le rebord de leurs fenêtres. La tradition est née en 1852. L’inauguration d’une statue dorée de la Vierge au sommet de la chapelle de Fourvière, reportée par la pluie, eut finalement lieu un soir de décembre. Les Lyonnais illuminèrent spontanément leurs fenêtres.

Depuis, le 8 décembre est devenu un festival de lumières de renommée mondiale, avec des projections monumentales sur les façades. Mais à Fourvière, la soirée garde son sens religieux. Une messe solennelle est célébrée, suivie d’une procession aux flambeaux. Le spectacle urbain et la prière mariale coexistent sans se gêner. C’est assez rare pour être souligné.

Visiter Fourvière : parcours conseillé

Montez par les jardins du Rosaire. Le funiculaire est plus rapide, mais la montée à pied depuis la place Saint-Jean (20 minutes) fait partie de l’expérience. Le chemin serpente entre les arbres, avec des stations du rosaire jalonnées de mosaïques. En avril, les glycines embaument. En automne, les feuilles mortes craquent sous les pas. Vous arrivez sur l’esplanade par l’arrière, avec la basilique qui vous tombe dessus d’un coup.

Commencez par la basilique haute. Entrez par le portail principal et laissez vos yeux s’adapter. Les mosaïques du chœur représentent le Concile d’Éphèse (431), où Marie fut proclamée Theotokos, Mère de Dieu. La mosaïque de la bataille de Lépante (1571), sur le mur sud, montre les galères chrétiennes affrontant la flotte ottomane. Chaque panneau raconte un épisode de l’histoire de l’Église lié à la Vierge. On peut passer une heure à déchiffrer ces scènes sans épuiser les détails.

Descendez ensuite à la crypte Saint-Joseph par l’escalier intérieur. L’atmosphère change radicalement. Les voûtes basses, le silence, la semi-obscurité. C’est le meilleur endroit de Fourvière pour prier sans distraction. Comptez dix minutes si vous passez vite, une demi-heure si vous vous arrêtez.

Ressortez sur l’esplanade pour le panorama. Identifiez la tour de la Part-Dieu (le « Crayon »), l’Hôtel-Dieu en bord de Saône, la colline de la Croix-Rousse en face. Le repère d’orientation en bronze scellé dans la balustrade pointe vers le Mont-Blanc, visible une quinzaine de jours par an quand l’air est limpide. Le meilleur moment pour le voir : un matin de décembre après une nuit de mistral.

Contournez la basilique par la droite pour atteindre la tour de l’observatoire. La montée (287 marches, pas d’ascenseur) offre un panorama à 360 degrés sur Lyon, les monts du Lyonnais à l’ouest, les Alpes à l’est. L’accès est payant (5 euros) et se fait uniquement en visite guidée, sur réservation.

Redescendez par le chemin qui longe les vestiges du théâtre romain de Fourvière, le plus ancien de Gaule (15 av. J.-C.). Le musée gallo-romain, creusé dans la colline par l’architecte Bernard Zehrfuss, vaut une heure de visite (entrée 7 euros). Vous bouclerez ainsi un parcours complet en trois à quatre heures.

Informations pratiques

Fourvière est au cœur de Lyon. Le funiculaire F2 part de la station Vieux Lyon (métro ligne D, correspondance directe depuis Part-Dieu en 8 minutes). Le trajet dure deux minutes, un ticket TCL suffit (1,90 euro). Le funiculaire circule de 5 h à minuit. En voiture, un parking souterrain de 250 places existe sous la basilique. Tarif : 2 euros par heure, 10 euros la journée. Attention aux rues étroites du Vieux Lyon si vous montez en voiture, c’est un piège à touristes.

La basilique est ouverte de 7 h à 19 h (22 h en été). L’entrée est gratuite pour la basilique, la crypte et l’esplanade. Les messes sont célébrées à 7 h 15, 11 h et 17 h en semaine. Le dimanche, messe solennelle à 11 h. Des confessions sont disponibles tous les jours de 9 h 30 à 12 h et de 14 h 30 à 17 h 30.

Pour dormir à proximité, la Villa Saint-François, maison d’accueil gérée par le diocèse à 200 mètres de la basilique, propose des chambres à partir de 45 euros la nuit. Elle est calme, sobre, avec un jardin. Dans le Vieux Lyon en contrebas, les hôtels de charme sont nombreux : le Cour des Loges (quatre étoiles, à partir de 180 euros), le Collège Hôtel (trois étoiles, 90 euros) ou des chambres d’hôtes dans les traboules rénovées.

Côté restauration, ne mangez pas dans les bouchons de la rue Mercière (attrape-touristes). Préférez Daniel et Denise rue de Créqui pour une vraie cuisine lyonnaise (menu à 35 euros). Pour un déjeuner rapide après la visite, les halles Paul Bocuse à la Part-Dieu sont à 15 minutes en métro. Comptez 15 à 20 euros pour un bon repas sur place.

Le 8 décembre est la date la plus importante. La messe à Fourvière commence à 18 h, suivie de la procession aux flambeaux. La ville entière est illuminée. Mais les hôtels affichent complet des semaines à l’avance, et les prix doublent. Réservez en septembre si vous visez cette date. Si vous cherchez la tranquillité, venez un mardi matin de février : vous aurez la basilique pour vous seul.

FAQ

L’entrée de la basilique est-elle gratuite ?

Oui, l’accès à la basilique, à la crypte et à l’esplanade est entièrement libre et gratuit, toute l’année.

Comment monter à Fourvière ?

Le funiculaire depuis la station de métro Vieux Lyon (ligne D) dépose les visiteurs au sommet en deux minutes. On peut aussi monter à pied par les jardins du Rosaire, une promenade agréable d’une vingtaine de minutes à travers la végétation.

Quand a lieu la fête des Lumières ?

Le 8 décembre de chaque année. Le festival de lumières s’étend généralement sur quatre jours autour de cette date. La messe et la procession religieuses à Fourvière ont lieu le soir du 8 décembre.

Y a-t-il des messes régulières à Fourvière ?

Oui, plusieurs messes sont célébrées chaque jour dans la basilique et dans la crypte. Les horaires sont consultables sur le site officiel de la basilique de Fourvière.

Activités et visites guidées

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