Rome et le Vatican : pèlerinage aux Apôtres

Lieu
Rome, Latium
Meilleure période
Avril à juin, septembre à novembre
Durée
3-5 jours
Difficulté
Facile
Rome Vatican basilique Saint-Pierre pape apotres
Rome et le Vatican : Le Pèlerinage aux Tombeaux des Apotres
Jebulon• CC0

Pourquoi Rome reste le pèlerinage fondateur

Deux mille ans que les pèlerins viennent ici. Deux mille ans que les chrétiens traversent des montagnes, des mers, des frontières pour prier sur les tombeaux de Pierre et de Paul. Rome n’est pas un musée, même si on peut s’y tromper devant la densité des œuvres d’art. C’est d’abord le lieu où les deux colonnes de l’Église sont mortes en martyrs, et où leurs os reposent toujours.

On arrive à Rome avec des attentes démesurées, et on repart malgré tout surpris. La ville ne se livre pas d’un coup. Il faut y marcher, transpirer sous le soleil de midi, se perdre dans une ruelle pour tomber sur une église du IVe siècle dont personne ne parle. C’est dans ces moments que le pèlerinage prend sa vraie dimension.

La basilique Saint-Pierre

La première fois qu’on entre dans Saint-Pierre, c’est la taille qui frappe. Vingt-trois mille mètres carrés. Le cerveau met quelques secondes à recalibrer les distances. Les anges qui ornent les bénitiers, à hauteur d’homme, font deux mètres de haut. Tout est ainsi, décalé, immense.

Le baldaquin du Bernin, avec ses colonnes torses en bronze, monte à près de trente mètres au-dessus de l’autel papal. Sous cet autel, le tombeau de Pierre. On peut descendre dans les grottes vaticanes pour s’en approcher. La Pietà de Michel-Ange, protégée derrière sa vitre depuis 1972, se trouve dans la première chapelle à droite en entrant. Le marbre semble souple, presque tiède. Michel-Ange avait vingt-quatre ans quand il l’a sculptée.

La montée au dôme vaut l’effort. Cinq cent cinquante et une marches, un couloir de plus en plus étroit à mesure qu’on suit la courbure de la coupole. L’arrivée au sommet coupe le souffle : Rome entière s’étale en dessous, ocre et blanche, traversée par le Tibre.

Les quatre basiliques majeures

Le pèlerinage romain traditionnel ne se limite pas à Saint-Pierre. Quatre basiliques majeures jalonnent la ville, et les visiter toutes confère une indulgence plénière lors des années jubilaires.

Saint-Jean-de-Latran est la cathédrale de Rome, la première église de la chrétienté par le rang. Plus ancienne que Saint-Pierre, elle a été fondée au IVe siècle par Constantin. Sa nef monumentale, remaniée par Borromini au XVIIe siècle, abrite les reliques des têtes de Pierre et Paul dans des reliquaires dorés au-dessus de l’autel.

Sainte-Marie-Majeure conserve une relique du berceau du Christ et des mosaïques du Ve siècle d’une finesse remarquable. On y entre souvent par hasard, en remontant la via Cavour, et on reste une heure sans s’en rendre compte.

Saint-Paul-hors-les-Murs, reconstruite après l’incendie de 1823, impressionne par ses dimensions et sa forêt de colonnes. Le tombeau de Paul se trouve sous l’autel, visible à travers une ouverture. Au-dessus de la nef, une frise de médaillons représente tous les papes depuis Pierre. Les emplacements vides se comptent encore sur les doigts.

L’audience papale et l’Angélus

Chaque mercredi matin, le pape tient une audience générale. En hiver, elle a lieu dans la salle Paul VI ; au printemps et en été, sur la place Saint-Pierre. Les billets sont gratuits mais il faut les réserver auprès de la Préfecture de la Maison pontificale, en général quelques semaines à l’avance. On entre tôt, on attend, on chante parfois avec les groupes de pèlerins venus du monde entier. Le pape parle en plusieurs langues, salue les groupes un par un. Le moment est simple et solennel à la fois.

Le dimanche à midi, l’Angélus depuis la fenêtre du palais apostolique est plus spontané. Pas de billet, pas de contrôle. On se tient sur la place, on lève les yeux vers la fenêtre du troisième étage, et quand la silhouette blanche apparaît, la foule applaudit. C’est bref, dix minutes peut-être, mais le souvenir reste.

Les catacombes et les églises oubliées

Rome souterraine mérite au moins une demi-journée. Les catacombes de Saint-Calixte ou de Saint-Sébastien, le long de la Via Appia, plongent dans les premiers siècles du christianisme. On descend dans des galeries fraîches et sombres où les premiers chrétiens enterraient leurs morts et célébraient l’eucharistie en secret. Les inscriptions gravées dans le tuf, les symboles du poisson et de l’ancre, sont d’une simplicité qui serre la gorge.

En surface, des centaines d’églises attendent les curieux. San Clemente, près du Colisée, est un résumé de Rome à elle seule : une église du XIIe siècle construite sur une église du IVe siècle, elle-même bâtie sur un temple de Mithra du Ier siècle. Trois strates, trois mondes, superposés sur quelques mètres.

Organiser son pèlerinage romain

Trois jours suffisent pour les basiliques majeures et le Vatican. Cinq jours permettent d’ajouter les catacombes, les églises secondaires et le temps de se laisser porter par la ville.

Le printemps et l’automne sont les meilleures saisons. Avril, mai, septembre, octobre offrent une chaleur supportable et une affluence raisonnable. L’été romain est étouffant ; il fait régulièrement plus de trente-cinq degrés en juillet et août. La Semaine sainte attire des foules considérables, mais les cérémonies à Saint-Pierre sont bouleversantes pour qui accepte la cohue.

Pour les musées du Vatican et la chapelle Sixtine, réservez en ligne plusieurs jours à l’avance. Sans réservation, la file d’attente peut dépasser deux heures. L’entrée dans la basilique Saint-Pierre elle-même est libre et gratuite, mais les contrôles de sécurité imposent une attente variable selon l’heure. Arriver avant huit heures le matin change tout.

Visiter Rome en pèlerin : parcours conseillé

Le premier jour, commencez par Saint-Pierre. Arrivez à 7h30, avant l’ouverture officielle à 7h. La file de sécurité est encore courte, et vous entrerez en quelques minutes. Prenez votre temps dans la basilique, descendez dans les grottes vaticanes, puis montez au dôme. Comptez trois heures pour l’ensemble. Ensuite, marchez vers le Château Saint-Ange (10 minutes à pied), traversez le pont orné des anges du Bernin, et rejoignez la Piazza Navona pour déjeuner. L’après-midi, consacrez deux heures aux musées du Vatican et à la chapelle Sixtine. La fresque du Jugement dernier est plus petite qu’on ne l’imagine, mais la densité de détails impose de lever la tête longtemps. Les gardes demandent le silence en continu. Personne ne l’écoute, sauf dans la minute qui suit.

Le deuxième jour, partez de Saint-Jean-de-Latran le matin. La station de métro San Giovanni vous y dépose. Après la visite, marchez vingt minutes vers Sainte-Croix-de-Jérusalem, une église que les circuits classiques ignorent. Elle conserve des reliques rapportées par sainte Hélène : un fragment de la Croix, un clou, deux épines. L’authenticité est discutée, la dévotion est intacte. Continuez à pied jusqu’à Sainte-Marie-Majeure (25 minutes). En chemin, vous traverserez des quartiers résidentiels romains sans charme particulier, mais qui vous rappellent que Rome est d’abord une ville habitée, pas un décor.

Le troisième jour, prenez le bus 118 ou 218 depuis le Colisée jusqu’à la Via Appia. Visitez les catacombes de Saint-Calixte (visite guidée obligatoire, environ 45 minutes, 8 euros). Puis marchez le long de la Via Appia Antica, pavée de ses dalles d’origine. Le silence est frappant : on est à quatre kilomètres du centre, mais on pourrait être en pleine campagne. L’après-midi, remontez vers Saint-Paul-hors-les-Murs par le bus 23. Terminez la journée en poussant la porte de San Clemente, près du Colisée, pour ses trois niveaux archéologiques.

Budget et transports depuis la France

Depuis Paris, les vols low-cost vers Rome Fiumicino ou Ciampino commencent à 30 euros l’aller en réservant un mois à l’avance. Les deux aéroports sont reliés au centre-ville : le Leonardo Express relie Fiumicino à la gare Termini en 32 minutes (14 euros), et les bus Terravision desservent Ciampino pour 6 euros.

Le train est une option sous-estimée. Le TGV Paris-Lyon, puis un train de nuit depuis Lyon ou Milan, coûte entre 60 et 90 euros avec les tarifs Trenitalia Advance. Le trajet dure une nuit entière, mais on arrive reposé en plein centre.

Sur place, le pass transport Roma 48h (12,50 euros) ou 72h (18 euros) couvre le métro, les bus et les tramways. Le réseau de bus est erratique aux heures de pointe, mais le métro fonctionne bien sur ses deux lignes principales (A et B), qui desservent la plupart des sites. Marchez dès que possible : les distances entre les sites du centre historique dépassent rarement deux kilomètres.

Côté hébergement, le quartier de Prati (entre le Vatican et le Tibre) offre le meilleur rapport qualité-prix pour les pèlerins : calme, proche de Saint-Pierre, avec des pensions à partir de 60 euros la nuit en chambre double. Le quartier de Monti, près de la gare Termini, est plus animé et légèrement moins cher. Les maisons religieuses d’accueil (Casa Santa Brigida, Domus Carmelitana) proposent des chambres entre 50 et 80 euros la nuit, petit-déjeuner inclus, souvent dans des bâtiments historiques avec jardin intérieur. Réservez tôt en saison haute.

Pour les repas, évitez les restaurants touristiques collés aux sites. À 200 mètres du Vatican, une trattoria sert des pâtes alla carbonara pour 9 euros. Le quartier de Trastevere, de l’autre côté du Tibre, reste le meilleur endroit pour manger romain sans se ruiner. Comptez 35 à 45 euros par jour pour trois repas si vous alternez entre pizzerias al taglio (2 à 4 euros la part) et restaurants modestes.

FAQ

Combien de jours prévoir pour un pèlerinage à Rome ?

Trois jours minimum pour visiter les quatre basiliques majeures et assister à une audience papale. Cinq jours permettent d’explorer les catacombes, la chapelle Sixtine et plusieurs églises secondaires sans se presser.

Faut-il réserver pour entrer dans la basilique Saint-Pierre ?

Non. L’entrée est gratuite et sans réservation. En revanche, les musées du Vatican, qui donnent accès à la chapelle Sixtine, nécessitent une réservation en ligne pour éviter des files d’attente de deux heures ou plus.

Comment obtenir des billets pour l’audience papale ?

Les billets sont gratuits. Il faut les demander à la Préfecture de la Maison pontificale, soit par courrier, soit en ligne. Prévoyez votre demande au moins deux à trois semaines avant la date souhaitée, davantage en période de forte affluence.

Quelle est la meilleure période pour un pèlerinage à Rome ?

Le printemps (avril à juin) et l’automne (septembre à novembre). Les températures sont agréables, entre quinze et vingt-cinq degrés, et les foules moins denses qu’en été. La Semaine sainte est un moment liturgique fort mais très fréquenté.

Activités et visites guidées

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