Rue du Bac : chapelle de la Médaille Miraculeuse

Lieu
Paris, Ile-de-France
Meilleure période
Toute l'année
Durée
2 heures
Difficulté
Facile
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Rue du Bac : La Chapelle de la Medaille Miraculeuse
Thesupermat• CC BY-SA 3.0

Deux millions de pèlerins par an, derrière une façade ordinaire

Le 140, rue du Bac ne paie pas de mine. Une porte cochère dans le VIIe arrondissement, coincée entre des boutiques et des immeubles haussmanniens. Rien ne laisse deviner que derrière cette entrée se trouve l’un des sanctuaires les plus fréquentés au monde. Chaque année, plus de deux millions de visiteurs poussent cette porte pour entrer dans la chapelle de la Médaille Miraculeuse, au cœur de la maison-mère des Filles de la Charité de Saint-Vincent-de-Paul.

Le contraste est saisissant. On quitte le vacarme des bus parisiens pour un silence presque monastique. L’odeur de cire, la lumière tamisée, les rangées de chaises où des pèlerins venus du monde entier prient en silence : on entre dans un autre Paris, celui de la foi populaire et des dévotions anciennes.

Catherine Labouré et les apparitions de 1830

En juillet 1830, alors que Paris grondait aux prémices de la révolution qui allait renverser Charles X, une jeune novice de vingt-quatre ans vivait une expérience d’un tout autre ordre. Catherine Labouré, fille d’un fermier bourguignon, fut réveillée dans la nuit du 18 au 19 juillet par un enfant lumineux qui la conduisit à la chapelle. La Vierge Marie l’y attendait, assise dans le fauteuil du directeur spirituel.

Catherine s’entretint avec elle pendant plus de deux heures. Elle décrivit plus tard la douceur de ce moment avec une simplicité désarmante : « C’était le moment le plus doux de ma vie. »

Les apparitions de novembre furent différentes. La Vierge se montra debout sur un globe, des rayons de lumière jaillissant de ses mains ouvertes, entourée de l’inscription : « Ô Marie conçue sans péché, priez pour nous qui avons recours à vous. » Elle demanda à Catherine de faire frapper une médaille reproduisant cette image.

La diffusion foudroyante de la Médaille

Catherine confia le secret à son confesseur, le père Aladel. Celui-ci hésita longtemps avant de faire frapper les premières médailles en 1832. La suite dépassa toute attente. Des guérisons furent rapportées à Paris, puis en province, puis dans le monde entier. Le peuple donna lui-même à cette médaille le surnom qui lui est resté : « miraculeuse ».

Les chiffres donnent le vertige. À la mort de Catherine Labouré en 1876, plus d’un milliard de médailles avaient déjà été distribuées sur tous les continents. La dévotion ne s’est jamais tarie. Aujourd’hui encore, les Filles de la Charité distribuent des médailles à la boutique attenante à la chapelle, et les pèlerins repartent avec plusieurs dizaines d’exemplaires pour leurs proches.

Ce que l’on voit dans la chapelle

La chapelle a été rénovée au XIXe siècle, mais l’essentiel est resté. Le fauteuil sur lequel la Vierge s’assit lors de la première apparition est conservé dans le chœur. Sous l’autel de droite, le corps de sainte Catherine Labouré repose dans une châsse de verre. Son visage et ses mains sont d’une pâleur de cire qui frappe les visiteurs. Sous l’autel de gauche repose sainte Louise de Marillac, cofondatrice des Filles de la Charité.

Les Filles de la Charité assurent un accueil permanent. Des temps de prière et d’adoration sont proposés tout au long de la journée. Le samedi après-midi, une messe spéciale rassemble souvent plusieurs centaines de fidèles dans un espace qui n’en contient normalement que quelques dizaines.

Un pèlerinage accessible à tous

C’est peut-être le pèlerinage le plus simple de France. Pas de montagne à gravir, pas de route interminable. Il suffit de descendre à la station de métro Sèvres-Babylone et de marcher trois minutes. Cette accessibilité explique en partie l’affluence, mais pas seulement. La chapelle de la rue du Bac possède quelque chose que les grands sanctuaires n’ont pas toujours : l’intimité. On prie à quelques mètres de l’endroit exact où la Vierge est apparue, dans une pièce à taille humaine. Cette proximité touche les pèlerins, croyants fervents comme simples curieux.

Informations pratiques

Deux stations de métro desservent la chapelle : Sèvres-Babylone (lignes 10 et 12, à 200 mètres) et Rue du Bac (ligne 12, à 150 mètres). Depuis la gare Montparnasse, vous êtes à dix minutes à pied. Depuis la gare de Lyon, prenez le métro ligne 14 jusqu’à Châtelet, puis la ligne 12 direction Issy, arrêt Rue du Bac. Vingt-cinq minutes porte à porte.

La chapelle ouvre du lundi au samedi de 7h45 à 13h puis de 14h30 à 19h, le dimanche sans interruption de 7h45 à 19h. L’entrée est gratuite. Pas de réservation, pas de billet. Vous entrez par le 140, rue du Bac, traversez la cour intérieure de la maison-mère et suivez les panneaux. Un accueil en plusieurs langues (français, anglais, espagnol, coréen, chinois) vous oriente dès l’entrée.

La boutique, attenante à la chapelle, vend des médailles miraculeuses dans tous les formats. Les prix vont de la gratuité (un panier de médailles en libre-service) à quelques euros pour les versions en argent. On y trouve aussi des livres sur Catherine Labouré, des images pieuses et des chapelets. Les Coréens et les Brésiliens, très nombreux, achètent par dizaines.

Pour vous restaurer, le VIIe arrondissement offre un choix considérable. Le Bon Marché, à deux cents mètres, dispose d’une Grande Épicerie où l’on peut manger sur le pouce pour 10 à 15 euros. Le Café de Sèvres, juste en face de la station de métro, propose des formules déjeuner à 16 euros. Si vous cherchez quelque chose de meilleur et que le budget le permet, le restaurant Les Climats, rue de Lille, sert une cuisine française précise dans un ancien bâtiment des Postes classé Art nouveau. Comptez 45 euros le midi.

Les alentours : un pèlerinage dans le Paris catholique

La chapelle de la Médaille Miraculeuse s’inscrit dans un quartier riche en lieux de foi. En moins d’une heure de marche, vous pouvez relier plusieurs sites qui racontent l’histoire du catholicisme parisien.

Depuis la rue du Bac, remontez vers le boulevard Saint-Germain et l’église Saint-Thomas-d’Aquin (cinq minutes à pied). Cette ancienne chapelle du noviciat des Dominicains, construite entre 1683 et 1769, conserve un plafond peint de Lemoine dans le transept. Continuez vers l’ouest et vous atteindrez le séminaire des Missions Étrangères de Paris (128, rue du Bac), dont la chapelle est ouverte aux visiteurs. C’est ici que furent formés les missionnaires envoyés en Asie du Sud-Est dès le XVIIe siècle. Les martyrs du Vietnam et de Corée sont passés par cette maison.

En marchant vers l’est, quinze minutes suffisent pour atteindre l’église Saint-Sulpice, place Saint-Sulpice. Le bâtiment est immense, le deuxième de Paris après Notre-Dame. Les fresques de Delacroix dans la chapelle des Saints-Anges (La Lutte de Jacob avec l’ange, Héliodore chassé du Temple) justifient le détour à elles seules. Le gnomon, cette ligne de cuivre qui traverse la nef et qui sert de méridienne astronomique, a rendu l’église célèbre après un roman à succès, mais l’objet est un instrument scientifique du XVIIIe siècle, rien de plus.

Si vous disposez d’une journée entière, poussez jusqu’à la cathédrale Notre-Dame, à 25 minutes de marche par le boulevard Saint-Germain puis l’île de la Cité. Depuis sa réouverture en décembre 2024, après cinq ans de travaux consécutifs à l’incendie de 2019, la cathédrale a retrouvé sa splendeur. La charpente neuve, la voûte restaurée et la luminosité retrouvée de la nef valent le déplacement.

Ce que le pèlerin retient de la rue du Bac

Ce qui surprend ici, c’est la densité de la prière dans un espace si petit. La chapelle contient à peine deux cents personnes, et pourtant il s’y passe quelque chose en permanence. Pas de tourisme flottant, pas de visiteurs distraits. Les gens qui sont là prient. Les uns en silence, les autres le chapelet aux doigts, d’autres encore prosternés sur le sol. La présence des deux corps incorrompus, Catherine Labouré sous l’autel de droite et Louise de Marillac sous l’autel de gauche, ajoute une gravité tangible.

On est frappé par la diversité des visages. Des religieuses philippines en coiffe bleue. Des familles africaines en boubou. Des hommes d’affaires japonais en costume, qui s’agenouillent avec une raideur cérémonieuse. Des étudiants sud-américains le sac à dos encore sur les épaules. La rue du Bac est peut-être le lieu le plus international de Paris, et la plupart des Parisiens l’ignorent.

Le moment le plus fort est peut-être le plus simple. Quand vous vous asseyez face au fauteuil où la Vierge est apparue, vous réalisez que vous occupez un espace de quelques mètres carrés qui n’a pas changé depuis 1830. Les murs, le sol, la hauteur du plafond sont les mêmes. Catherine Labouré s’est tenue exactement là. Cette proximité physique avec l’événement, sans médiation, sans écran de verre, sans distance de sécurité, produit un effet que les grands sanctuaires, avec leur monumentalité, ne parviennent pas toujours à égaler.

FAQ

La chapelle est-elle ouverte tous les jours ?

Oui. Du lundi au samedi de 7h45 à 13h et de 14h30 à 19h, le dimanche de 7h45 à 19h. Les horaires peuvent varier lors des fêtes liturgiques.

L’entrée est-elle gratuite ?

L’accès à la chapelle est entièrement gratuit. Des médailles sont disponibles à la boutique, à prix libre ou à tarif modique selon les modèles.

Comment s’y rendre ?

Métro Sèvres-Babylone (lignes 10 et 12) ou Rue du Bac (ligne 12). La chapelle se trouve au 140, rue du Bac, dans le VIIe arrondissement.

Peut-on y recevoir le sacrement de réconciliation ?

Oui, des confesseurs sont disponibles aux heures d’ouverture de la chapelle, en plusieurs langues.

Activités et visites guidées

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