Les saints de l'Église catholique

De sainte Geneviève, qui protégeait Paris au Ve siècle, à Padre Pio, stigmatisé pendant 50 ans dans les Pouilles, l'Église a canonisé des profils radicalement différents. Vous trouverez ici 53 fiches de saints catholiques : Bernadette Soubirous et ses 18 apparitions à Lourdes, Thérèse de Lisieux morte à 24 ans et devenue Docteur de l'Église, Jeanne d'Arc brûlée à 19 ans puis canonisée 489 ans plus tard. Chaque biographie retrace le parcours historique du saint, les miracles reconnus par Rome et propose une prière.

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Comprendre les saints catholiques : histoire, canonisation et dévotion

Des premiers martyrs à la canonisation moderne

Pendant les trois premiers siècles du christianisme, devenir saint ne passait par aucun tribunal. Les communautés locales reconnaissaient spontanément leurs martyrs. Saint Polycarpe, évêque de Smyrne, fut vénéré dès son exécution en 155. Pas de dossier, pas d'enquête. La foule décidait.

Tout a changé en 993, quand le pape Jean XV a canonisé Ulrich d'Augsbourg lors d'un synode au Latran. C'était la première canonisation pontificale documentée. En 1234, Grégoire IX a réservé ce droit exclusivement au Saint-Siège. Depuis, la procédure n'a cessé de se formaliser.

Aujourd'hui, le processus suit quatre étapes précises. D'abord, le diocèse ouvre une enquête et transmet le dossier à Rome : le candidat devient « serviteur de Dieu ». Ensuite, la Congrégation pour les causes des saints étudie ses écrits et sa vie. Si les vertus sont jugées héroïques, il est déclaré « vénérable ». Un premier miracle vérifié ouvre la béatification. Un second conduit à la canonisation. Entre l'ouverture de la cause et la proclamation finale, les délais varient considérablement. Jeanne d'Arc a attendu 489 ans entre sa mort en 1431 et sa canonisation en 1920. Padre Pio, mort en 1968, a été canonisé en 2002 : 34 ans. Mère Teresa a battu presque tous les records avec 19 ans seulement, de 1997 à 2016.

Ces écarts s'expliquent. Le Vatican exige des preuves solides. Les commissions médicales examinent chaque miracle allégué avec des protocoles stricts. Un dossier de canonisation peut contenir 10 000 pages. Rien n'est expédié.

Les saints de France qui ont marqué l'histoire

La France compte plus de 150 saints canonisés. Jeanne d'Arc a renversé une guerre. Vincent de Paul a inventé l'action caritative moderne. Le curé d'Ars a fait d'un village perdu un lieu de pèlerinage national.

Jeanne d'Arc avait 17 ans quand elle s'est présentée à Chinon devant le dauphin Charles VII, en mars 1429. Deux mois plus tard, le 8 mai, elle libérait Orléans après 209 jours de siège anglais. Capturée à Compiègne en 1430, jugée à Rouen, brûlée le 30 mai 1431. Elle avait 19 ans. Son procès en réhabilitation, en 1456, a annulé la condamnation. Mais Rome ne l'a canonisée qu'en 1920, sous Benoît XV. Presque cinq siècles.

Bernadette Soubirous, elle, ne commandait pas d'armées. Fille de meunier ruiné, elle vivait dans un ancien cachot de 16 m² avec ses parents et trois frères et sœurs quand les apparitions ont commencé, le 11 février 1858. Dix-huit apparitions en cinq mois à la grotte de Massabielle. La source qu'elle a dégagée de ses mains coule encore : 7 millions de pèlerins visitent Lourdes chaque année. Bernadette est entrée au couvent de Nevers en 1866 et y est morte en 1879, à 35 ans. Quand son corps a été exhumé 30 ans après, il était intact.

Thérèse Martin est entrée au Carmel de Lisieux à 15 ans, après avoir supplié le pape Léon XIII en personne lors d'une audience à Rome. Elle y a vécu 9 ans. Morte de tuberculose en 1897, elle laissait un manuscrit autobiographique que sa sœur a publié sous le titre « Histoire d'une âme ». Le livre s'est vendu à des millions d'exemplaires. Pie XI l'a canonisée en 1925. En 1997, Jean-Paul II l'a déclarée Docteur de l'Église. Elle avait 24 ans à sa mort. La plus jeune Docteur de l'histoire.

Vincent de Paul, né en 1581 dans les Landes, a fondé la Congrégation de la Mission en 1625 et les Filles de la Charité en 1633 avec Louise de Marillac. Ses missionnaires ont ouvert des centaines d'hôpitaux et d'orphelinats en France. Il organisait les « Dames de la Charité » pour nourrir les régions dévastées par la Fronde. À Paris, il recueillait les enfants abandonnés quand la mortalité infantile des enfants trouvés dépassait 90 %.

Le curé d'Ars, Jean-Marie Vianney, a transformé un village de 230 habitants en lieu de pèlerinage. Arrivé à Ars en 1818, il confessait jusqu'à 16 heures par jour dans les dernières années de son ministère. En 1855, on estimait à 20 000 le nombre de pèlerins annuels venus de toute la France pour se confesser à lui. Mort en 1859, canonisé en 1925, il est devenu le patron de tous les curés du monde.

Miracles et enquêtes : ce que dit vraiment l'Église

L'Église ne valide pas les miracles à la légère. Quand un miracle est allégué pour une cause de canonisation, le dossier médical complet est transmis à la Consulta Medica, un comité de sept médecins spécialistes nommés par le Vatican. Ces médecins ne sont pas tous catholiques. Certains sont agnostiques. Leur seule question : la guérison est-elle explicable par la science actuelle ?

Les critères sont stricts. La maladie doit avoir été diagnostiquée avec certitude. La guérison doit être complète, instantanée et durable. Le patient ne doit avoir reçu aucun traitement pouvant expliquer la rémission. Si les sept médecins ne parviennent pas à un consensus, le miracle est rejeté.

Prenons un cas concret. À Lourdes, le Bureau Médical International examine les guérisons signalées depuis 1883. Sur plus de 7 000 guérisons déclarées depuis cette date, le Bureau en a retenu 70. L'Église n'en a officiellement reconnu que 70 comme miraculeuses. Moins de 1 %. Chaque dossier retenu a été examiné par des dizaines de médecins pendant des années.

Le corps de Bernadette Soubirous pose une question différente. Exhumée trois fois, en 1909, 1919 et 1925, son corps n'avait subi aucune décomposition significative après 30, 40, puis 46 ans. Les médecins légistes présents lors des exhumations l'ont constaté dans leurs rapports officiels. L'Église ne classe pas l'incorruptibilité parmi les miracles requis pour la canonisation, mais elle la reconnaît comme un signe. Le corps de Bernadette est toujours visible dans sa châsse de verre à Nevers.

Pour Padre Pio, le miracle retenu pour sa canonisation en 2002 concernait un enfant de 7 ans, Matteo Pio Colella, dans le coma avec une défaillance de neuf organes. Les médecins de l'hôpital de San Giovanni Rotondo avaient cessé tout traitement curatif. Après une nuit de prières adressées à Padre Pio, l'enfant s'est réveillé sans séquelles. La Consulta Medica n'a trouvé aucune explication médicale.

Prier les saints : une tradition vivante

Prier un saint n'est pas de l'idolâtrie. L'Église catholique pose cette distinction depuis le concile de Nicée II en 787. On ne prie pas le saint comme on prie Dieu. On lui demande d'intercéder. La nuance est théologique, mais aussi pratique : vous vous adressez à quelqu'un qui a vécu les mêmes épreuves que vous.

C'est pour cela que les saints patrons existent. Saint Joseph protège les travailleurs, sainte Cécile les musiciens, saint Luc les médecins, sainte Rita les causes désespérées. Ce système remonte au Moyen Âge, quand les corporations de métiers choisissaient un saint protecteur. En France, 36 000 communes portent un nom de saint. Pas un hasard : chaque paroisse vivait au rythme de son saint patron.

La neuvaine reste l'une des formes de prière les plus pratiquées. Neuf jours consécutifs de prière, en référence aux neuf jours passés par les apôtres au Cénacle entre l'Ascension et la Pentecôte. Les neuvaines à sainte Rita, à saint Jude ou à sainte Thérèse de Lisieux sont parmi les plus demandées dans les sanctuaires français.

Et puis il y a la fête du saint patron, que beaucoup de familles françaises célèbrent encore. En Bretagne, en Alsace, dans le Sud-Ouest, souhaiter la fête de quelqu'un reste courant. Le calendrier liturgique associe chaque jour de l'année à un ou plusieurs saints. Le 15 août pour l'Assomption de Marie, le 1er novembre pour la Toussaint, le 8 décembre pour l'Immaculée Conception : ces dates structurent encore la vie sociale française, même si la pratique religieuse a reculé. En 2023, 29 % des Français se déclaraient catholiques pratiquants, mais 53 % fêtaient encore la Toussaint en visitant un cimetière.

Nos fiches de saints incluent systématiquement une prière et la date de fête liturgique. Servez-vous-en pour retrouver le rythme du calendrier des saints, ou simplement pour lire à vos enfants la vie de leur saint patron.

Sources : Martyrologe romain (édition 2004), Congrégation pour les causes des saints (Vatican), Bureau Médical International de Lourdes, Acta Sanctorum, notices diocésaines.

Questions fréquentes sur les saints

Comment un saint est-il canonisé dans l'Église catholique ?

La canonisation suit un processus en quatre étapes : serviteur de Dieu, vénérable, bienheureux, puis saint. Il faut prouver une vie de vertu héroïque et, sauf exception, deux miracles vérifiés par des commissions médicales et théologiques. La procédure dure souvent plusieurs décennies.

Combien de saints catholiques sont répertoriés ?

Le Martyrologe romain recense environ 7 000 saints et bienheureux. AETERNAE propose actuellement 53 biographies détaillées, mises à jour régulièrement avec de nouveaux saints.

Quelle est la différence entre un saint et un bienheureux ?

Un bienheureux a été béatifié : son culte est autorisé localement, après la reconnaissance d'un miracle. Un saint a été canonisé : son culte est universel, généralement après un deuxième miracle. La béatification précède toujours la canonisation.