Saint Joseph, époux de Marie et père adoptif de Jésus

Fête
19 mars
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Patron(ne) de
travailleurs, pères de famille, Église universelle, bonne mort, charpentiers
saints bibliques Sainte Famille patron travailleurs Ier siècle
Saint Joseph tenant l'Enfant Jésus avec son lys
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Qui était Saint Joseph ?

Saint Joseph est l’un des saints les plus aimés de l’Église catholique, et pourtant l’un des plus méconnus. Époux de la Vierge Marie et père adoptif de Jésus, il a veillé sur la Sainte Famille sans jamais prononcer un seul mot rapporté par les Évangiles. Pas une parole. Rien que des actes. Et ces actes révèlent une foi sans faille, une obéissance totale à la volonté de Dieu.

Descendant de la lignée royale de David, charpentier à Nazareth, Joseph incarne la dignité du travail manuel et la sainteté de la vie ordinaire. En 1870, le pape Pie IX l’a proclamé patron de l’Église universelle. Le pape François lui a consacré une année spéciale (2020-2021) et une lettre apostolique, « Patris corde » (Avec un cœur de père), qui a relancé la dévotion à ce saint trop longtemps resté dans l’ombre.

Joseph est le modèle des pères de famille, des travailleurs, de tous ceux qui servent sans chercher la reconnaissance. Sa vie nous enseigne quelque chose que notre époque a du mal à entendre : la grandeur n’est pas dans les discours mais dans la fidélité quotidienne à sa vocation.

Ce que disent les Évangiles

Un homme juste

Les Évangiles nous donnent peu d’informations sur Joseph. Chaque détail compte d’autant plus. Matthieu le qualifie d’« homme juste » (Mt 1,19), un terme qui, dans la Bible, ne désigne pas simplement un homme honnête. Il désigne celui qui est en harmonie avec Dieu, qui observe fidèlement la Loi tout en étant animé par la miséricorde. La justice de Joseph n’est pas rigide. Elle est lumineuse.

Nous savons qu’il était de la tribu de Juda, de la maison de David (Mt 1,20 ; Lc 2,4). Cette ascendance davidique n’est pas un détail biographique anodin. Le Messie devait naître de la lignée de David. C’est par Joseph, son père légal, que Jésus hérite de cette filiation royale. Sans Joseph, la promesse faite à David n’aurait pas trouvé son accomplissement juridique.

Joseph exerçait le métier de « tekton » en grec, traditionnellement traduit par « charpentier ». Le terme désigne plus largement un artisan du bois et de la pierre. Joseph travaillait de ses mains pour faire vivre sa famille. Jésus fera de même jusqu’à l’âge de trente ans, apprenant le métier à l’atelier de son père adoptif.

L’annonce à Joseph

Quand Joseph découvre que Marie, sa fiancée, est enceinte avant leur vie commune, il traverse une épreuve terrible. Il sait qu’il n’est pas le père de l’enfant. Il pourrait la dénoncer, ce qui l’exposerait à la lapidation. Mais « parce qu’il était juste et ne voulait pas la diffamer publiquement », il décide de la renvoyer en secret (Mt 1,19). Ce choix dit tout de l’homme : la justice sans la cruauté, la loi sans la vengeance.

C’est alors qu’un ange lui apparaît en songe : « Joseph, fils de David, ne crains pas de prendre chez toi Marie, ton épouse. Ce qui a été engendré en elle vient de l’Esprit Saint. Elle enfantera un fils, et tu lui donneras le nom de Jésus » (Mt 1,20-21).

Joseph obéit. Sans discuter, sans négocier, sans demander de preuves. Il prend Marie chez lui et accepte la mission la plus extraordinaire jamais confiée à un homme : être le père légal du Fils de Dieu.

Le protecteur de la Sainte Famille

Les Évangiles montrent Joseph comme le protecteur vigilant de Jésus et Marie. C’est lui qui organise le voyage à Bethléem pour le recensement. C’est lui qui trouve un abri dans la grotte de la Nativité quand toutes les portes se ferment. C’est lui qui présente l’enfant au Temple.

Quand Hérode ordonne le massacre des innocents, c’est encore à Joseph que l’ange apparaît : « Lève-toi, prends l’enfant et sa mère, et fuis en Égypte » (Mt 2,13). Joseph obéit immédiatement. « De nuit », précise l’Évangile. Il ne prend pas le temps de réfléchir, de peser le pour et le contre. Il se lève, prend sa famille et part en exil.

Après la mort d’Hérode, Joseph ramène la Sainte Famille à Nazareth. Là, dans l’anonymat d’un petit village de Galilée, il élève Jésus dans la foi juive, lui apprend son métier, partage avec lui le quotidien de l’artisan. Trente ans de vie cachée. Trente ans de fidélité silencieuse.

Le dernier récit évangélique

La dernière apparition de Joseph dans les Évangiles se situe lors du pèlerinage à Jérusalem quand Jésus a douze ans (Lc 2,41-51). L’adolescent reste au Temple sans prévenir ses parents. Trois jours d’angoisse pour Joseph et Marie avant de le retrouver en discussion avec les docteurs de la Loi.

La réponse de Jésus, « Ne saviez-vous pas que je dois être aux affaires de mon Père ? », souligne le mystère de sa filiation divine. Mais Jésus « redescendit avec eux à Nazareth et leur était soumis » (Lc 2,51). Le Fils de Dieu se soumet à l’autorité de Joseph. Cela devrait suffire à mesurer la grandeur de cet homme.

Après cet épisode, Joseph disparaît des Évangiles. La tradition suppose qu’il est mort avant le ministère public de Jésus. Il n’apparaît ni à Cana ni au pied de la croix, où Jésus confie Marie à Jean. S’il avait été vivant, cette scène n’aurait pas eu lieu.

Les vertus de Saint Joseph

La foi sans voir

Joseph est un homme de foi radicale. Quand l’ange lui annonce que Marie a conçu par l’Esprit Saint, il croit sans exiger de preuves. Quand l’ange lui ordonne de fuir en Égypte, il part sans poser de questions. Sa foi ne repose ni sur les visions ni sur les raisonnements. Elle repose sur la confiance nue.

Cette foi silencieuse est un modèle pour tous les croyants, peut-être le plus exigeant qui soit. Joseph n’a pas compris tous les mystères de la vie de Jésus. Il a fait confiance à Dieu et il a obéi. C’est tout. Et c’est immense.

L’obéissance comme amour

Quatre fois dans l’Évangile de Matthieu, un ange apparaît à Joseph en songe pour lui transmettre un ordre divin. Quatre fois, Joseph obéit immédiatement et complètement. « Il fit comme l’ange du Seigneur lui avait prescrit » (Mt 1,24). Cette phrase revient comme un refrain.

Son obéissance n’a rien de servile. Joseph sait que Dieu veut le bien de ceux qui lui sont confiés. Il s’abandonne à la volonté divine avec la confiance d’un fils, pas avec la résignation d’un esclave.

La chasteté conjugale

Joseph est le gardien de la virginité de Marie. Époux véritable, il a vécu avec elle une union d’un ordre supérieur, fondée sur l’amour spirituel et la mission commune. Les Pères de l’Église voient en lui le modèle de la chasteté conjugale, un modèle qui n’oppose pas l’amour au renoncement mais les unit dans un même élan.

La sanctification du travail

En travaillant de ses mains pour nourrir la Sainte Famille, Joseph a sanctifié le labeur humain. Il rappelle que tout travail honnête participe à l’œuvre créatrice de Dieu. Un atelier de charpentier à Nazareth : voilà le lieu où le Fils de Dieu a grandi. Si cet endroit était assez bon pour Jésus, aucun lieu de travail n’est indigne.

Le pape Pie XII a institué la fête de Saint Joseph travailleur le 1er mai, pour proposer aux ouvriers un modèle chrétien face à la fête du travail laïque. Le choix de la date n’est pas innocent : l’Église offrait une alternative spirituelle au matérialisme marxiste.

Le culte de Saint Joseph

Le développement de la dévotion

Le culte de Saint Joseph s’est développé lentement dans l’Église. Pendant les premiers siècles, on l’honorait surtout comme témoin de l’Incarnation, presque comme un figurant. C’est au Moyen Âge, sous l’influence de saint Bernard, de sainte Brigitte et du théologien Jean Gerson, que la dévotion prend véritablement son essor.

Les grandes saintes des temps modernes ont achevé de populariser son culte. Thérèse d’Avila le prenait comme protecteur de chacune de ses fondations et affirmait n’avoir jamais rien demandé à Saint Joseph sans l’obtenir. Marie de l’Incarnation et Bernadette de Lourdes ont également contribué à répandre la dévotion.

Les fêtes liturgiques

L’Église célèbre Saint Joseph à deux dates. Le 19 mars pour la solennité de Saint Joseph, époux de la Vierge Marie. Le 1er mai pour Saint Joseph travailleur. Le mois de mars tout entier lui est traditionnellement consacré.

En 2021, le pape François a ajouté de nouvelles invocations à Saint Joseph dans les litanies et a enrichi le Missel romain de nouvelles préfaces pour ses fêtes, signe que la dévotion continue de se renouveler.

Les patronages

Saint Joseph est patron de l’Église universelle depuis 1870. Il protège les pères de famille, les travailleurs manuels, les charpentiers. Il est aussi le patron des mourants, car la tradition veut qu’il soit mort dans les bras de Jésus et de Marie, la mort la plus douce que l’on puisse imaginer. De nombreux pays et diocèses l’ont choisi comme protecteur.

L’enseignement des papes sur Saint Joseph

Pie IX et la protection de l’Église

En 1870, au moment précis où l’Église perdait les États pontificaux et voyait son pouvoir temporel s’effondrer, Pie IX proclama Saint Joseph patron de l’Église universelle. Le geste est d’une cohérence parfaite : l’Église, comme la Sainte Famille autrefois, a besoin de la protection de Joseph dans les moments de détresse.

Léon XIII et la Sainte Famille

Dans l’encyclique « Quamquam pluries » (1889), Léon XIII développa la théologie de Saint Joseph en montrant comment il participe à l’économie du salut et pourquoi son intercession est si puissante. Ce texte marque un tournant dans la réflexion de l’Église sur le rôle de Joseph.

Jean-Paul II et le gardien du Rédempteur

Dans l’exhortation apostolique « Redemptoris Custos » (1989), Jean-Paul II approfondit le rôle de Joseph dans l’œuvre de la Rédemption. Joseph a été le « gardien du Rédempteur », l’homme à qui Dieu a confié ses trésors les plus précieux : son Fils et la mère de son Fils. Cette responsabilité dépasse celle de n’importe quel roi ou prophète.

François et le cœur de père

Dans « Patris corde » (2020), le pape François présente Joseph avec un « cœur de père ». Père aimé. Père dans la tendresse. Père dans l’obéissance. Père dans l’accueil. Père au courage créatif. Père travailleur. Père dans l’ombre. Sept facettes d’une paternité qui n’a rien de passif. Joseph n’a pas subi sa vocation : il l’a embrassée avec toute la force de son amour.

Prier avec Saint Joseph

Prière à Saint Joseph

Souvenez-vous, ô très chaste époux de la Vierge Marie, ô mon aimable protecteur, saint Joseph, qu’on n’a jamais entendu dire que quelqu’un ait invoqué votre protection et demandé votre secours sans avoir été consolé. Plein de confiance en votre pouvoir, je viens me présenter devant vous et me recommander à vous avec ferveur. Ne méprisez pas mes prières, ô père adoptif du Rédempteur, mais écoutez-les avec bonté et daignez les exaucer. Amen.

Litanies de Saint Joseph

Seigneur, ayez pitié de nous. Christ, ayez pitié de nous. Saint Joseph, priez pour nous. Descendant de David, priez pour nous. Époux de la Mère de Dieu, priez pour nous. Gardien du Rédempteur, priez pour nous. Père nourricier du Fils de Dieu, priez pour nous. Chef de la Sainte Famille, priez pour nous. Joseph très juste, priez pour nous. Joseph très obéissant, priez pour nous. Patron des travailleurs, priez pour nous. Protecteur de la Sainte Église, priez pour nous. Amen.

Questions fréquentes

Pourquoi Saint Joseph est-il représenté avec un lys ?

Le lys symbolise la pureté. Il rappelle la virginité de Saint Joseph et sa chasteté conjugale avec Marie. Une légende médiévale raconte que le bâton de Joseph aurait miraculeusement fleuri en lys pour désigner l’époux choisi par Dieu pour Marie, le distinguant parmi tous les prétendants.

Saint Joseph est-il mort avant Jésus ?

La tradition le suppose avec de bonnes raisons. Joseph n’apparaît dans aucun récit de la vie publique de Jésus. Il est absent à Cana, absent à la croix. Surtout, si Joseph avait été vivant au moment de la crucifixion, Jésus n’aurait pas eu besoin de confier Marie à l’apôtre Jean. C’est pourquoi on invoque Saint Joseph pour obtenir une bonne mort : la tradition veut qu’il soit mort entouré de Jésus et Marie.

Pourquoi Saint Joseph est-il patron des travailleurs ?

Joseph a travaillé de ses mains comme charpentier pour faire vivre la Sainte Famille. En 1955, Pie XII a institué la fête de Saint Joseph travailleur le 1er mai, offrant aux ouvriers un modèle chrétien. Joseph sanctifie le travail humain et nous rappelle que tout labeur honnête, aussi humble soit-il, participe à l’œuvre de Dieu.

Comment prier Saint Joseph pour vendre une maison ?

La tradition populaire, surtout répandue aux États-Unis, d’enterrer une statue de Saint Joseph pour vendre une maison n’a aucun fondement dans l’enseignement de l’Église. Cela relève de la superstition, pas de la prière. On peut tout à fait prier Saint Joseph pour les questions de logement, car il a lui-même cherché un toit pour la Sainte Famille à Bethléem. Mais cette prière doit rester respectueuse et confiante, sans recette magique.