Qui était saint Paul apôtre ?
Saint Paul, né Saul de Tarse vers l’an 5 de notre ère dans la province romaine de Cilicie (actuelle Turquie), est l’une des figures les plus extraordinaires de l’histoire du christianisme. Pharisien zélé formé à Jérusalem à l’école du grand maître Gamaliel, citoyen romain de naissance, il fut d’abord un persécuteur acharné des premiers chrétiens. Puis vint la route de Damas.
Terrassé par une lumière céleste, interpellé par la voix du Christ ressuscité (« Saul, Saul, pourquoi me persécutes-tu ? »), il devint en un instant le plus ardent des apôtres, celui qui porta l’Évangile jusqu’aux extrémités du monde connu, des rivages de la Syrie aux côtes de l’Espagne. On le surnomma l’« apôtre des Gentils » parce qu’il s’adressa aux nations païennes avec une audace que personne avant lui n’avait osée.
Saint Paul accomplit trois grands voyages missionnaires à travers l’Empire romain, fondant des communautés chrétiennes dans les principales villes du monde gréco-romain : Antioche, Éphèse, Philippes, Thessalonique, Corinthe, Rome. Ses treize épîtres, intégrées au canon du Nouveau Testament, constituent le premier corpus théologique chrétien et ont exercé une influence déterminante sur la doctrine, la spiritualité et l’organisation de l’Église. Aucun autre auteur du Nouveau Testament n’a autant façonné la pensée chrétienne.
Martyr à Rome sous le règne de Néron, décapité vers l’an 67 parce que sa citoyenneté romaine lui épargnait la crucifixion, saint Paul est fêté le 29 juin conjointement avec saint Pierre, les deux colonnes de l’Église.
Contexte historique : l’Empire romain au Ier siècle
La Pax Romana et les voies de la mission
Pour comprendre l’œuvre missionnaire de saint Paul, il faut mesurer l’importance du contexte historique dans lequel elle se déploya. Le Ier siècle de notre ère correspond à l’apogée de l’Empire romain, cette immense construction politique qui s’étendait des îles britanniques au Moyen-Orient, de la Germanie au Sahara. La Pax Romana, instaurée par Auguste et maintenue par ses successeurs, avait établi une paix relative dans un espace couvrant tout le bassin méditerranéen.
Les routes romaines, chefs-d’œuvre d’ingénierie, reliaient entre elles les provinces de l’Empire et permettaient de voyager avec une sécurité et une rapidité sans précédent. Les voies maritimes sillonnaient la Méditerranée, transportant marchandises et voyageurs de port en port. Le grec koinè, langue commune héritée des conquêtes d’Alexandre le Grand, servait de lingua franca dans toute la partie orientale de l’Empire. Un homme pouvait communiquer sans interprète d’Antioche à Corinthe, de Jérusalem à Rome. Cette unité linguistique, politique et routière n’avait jamais existé avant et ne se reproduirait pas avant des siècles. Paul en tira un profit missionnaire considérable.
La diaspora juive et les synagogues
Un autre facteur décisif pour la mission paulinienne fut l’existence d’une vaste diaspora juive répartie dans toutes les grandes villes de l’Empire romain. Les communautés juives de la diaspora, organisées autour de leurs synagogues, constituaient les premiers points d’appui de la prédication chrétienne. Dans chaque ville où il arrivait, Paul se rendait d’abord à la synagogue pour y annoncer que Jésus était le Messie attendu par Israël.
C’est dans ces synagogues qu’il rencontrait également les « craignant-Dieu », ces païens sympathisants du judaïsme qui observaient certains préceptes de la Loi mosaïque sans avoir franchi le pas de la circoncision. Ces prosélytes partiels furent souvent les premiers à accueillir le message chrétien, car Paul leur offrait l’accès au Dieu d’Israël sans la barrière de la circoncision et des observances alimentaires. La Providence divine avait préparé, par les voies de l’histoire profane, le terrain sur lequel allait se déployer la plus grande aventure missionnaire de tous les temps. Paul le comprit mieux que quiconque.
Vie et enfance de saint Paul
Saul de Tarse, un juif citoyen romain
Saul naquit vers l’an 5 de notre ère à Tarse, capitale de la province romaine de Cilicie, une ville prospère et cosmopolite située au sud-est de l’actuelle Turquie, au carrefour des routes commerciales reliant l’Orient à l’Occident. Tarse était un centre intellectuel renommé, rivalisant avec Athènes et Alexandrie pour la qualité de ses écoles philosophiques. Ce n’était pas une bourgade obscure : c’était l’une des grandes cités du monde hellénistique.
Saul appartenait à une famille juive de la tribu de Benjamin, profondément attachée à la foi des pères et aux traditions pharisiennes. Il hérita de naissance la citoyenneté romaine, un privilège rare et précieux qui lui conférait des droits juridiques considérables. Ce statut jouerait un rôle déterminant dans sa carrière apostolique, le protégeant à plusieurs reprises des châtiments corporels et lui permettant finalement de faire appel à César et d’être transféré à Rome pour y être jugé.
Son triple enracinement, juif par la foi et la culture, romain par le droit et la citoyenneté, grec par la langue et l’éducation, fit de lui un homme véritablement universel. Il pouvait s’adresser aussi bien aux rabbins de Jérusalem qu’aux philosophes d’Athènes ou aux magistrats romains. Peu d’hommes de son époque possédaient cette triple appartenance. Elle était une grâce et un instrument.
La formation à l’école de Gamaliel
Envoyé à Jérusalem dans sa jeunesse, Saul fut formé à l’école du célèbre rabbin Gamaliel l’Ancien, l’un des plus grands maîtres du judaïsme pharisien, membre éminent du Sanhédrin. À l’école de Gamaliel, Saul acquit une connaissance approfondie des Écritures hébraïques, de la Loi orale, des méthodes d’interprétation rabbinique et de la tradition des pères. Il devint un pharisien accompli, « irréprochable quant à la justice de la Loi », comme il l’écrira plus tard dans son épître aux Philippiens (3, 6).
Son zèle pour les traditions ancestrales le distinguait parmi ses contemporains : « Je surpassais en judaïsme la plupart de ceux de mon âge dans ma nation, étant animé d’un zèle extrême pour les traditions de mes pères » (Ga 1, 14). Ce même zèle le conduisit à devenir un persécuteur acharné de la jeune Église chrétienne, qu’il considérait comme une secte hérétique menaçant l’intégrité de la foi juive. Il participa à la lapidation d’Étienne, le premier martyr chrétien, gardant les manteaux des exécuteurs. Puis il se mit à « ravager l’Église, entrant dans les maisons, en arrachant hommes et femmes pour les jeter en prison » (Ac 8, 3). Il était sincère dans sa violence. C’est ce qui rend sa conversion d’autant plus stupéfiante.
La conversion sur le chemin de Damas
« Saul, Saul, pourquoi me persécutes-tu ? »
La conversion de Saul sur le chemin de Damas est l’un des événements les plus célèbres et les plus déterminants de toute l’histoire chrétienne. Racontée trois fois dans les Actes des Apôtres (chapitres 9, 22 et 26) et évoquée par Paul lui-même dans ses épîtres, elle constitue le paradigme de toute conversion radicale.
Vers l’an 34-36, Saul, muni de lettres d’accréditation du grand prêtre, se rendait à Damas pour y arrêter les chrétiens de la ville et les ramener enchaînés à Jérusalem. Soudain, aux approches de la ville, une lumière éblouissante, plus éclatante que le soleil de midi, l’enveloppa. Terrassé à terre, il entendit une voix qui lui disait : « Saul, Saul, pourquoi me persécutes-tu ? » Il répondit : « Qui es-tu, Seigneur ? » Et la voix reprit : « Je suis Jésus que tu persécutes. Il t’est dur de regimber contre l’aiguillon. »
Tremblant et stupéfait, Saul demanda : « Seigneur, que veux-tu que je fasse ? » Le Seigneur lui répondit : « Lève-toi, entre dans la ville, et on te dira ce que tu dois faire » (Ac 9, 3-6). Aveuglé par la lumière divine, Saul dut être conduit par ses compagnons jusqu’à Damas, où il demeura trois jours sans voir, sans manger ni boire, plongé dans la prière et la méditation. Puis le disciple Ananie, envoyé par le Seigneur, lui imposa les mains : des écailles tombèrent de ses yeux, il recouvra la vue, fut baptisé et reçut l’Esprit Saint. L’homme qui était entré aveugle dans Damas en sortit transformé.
Le sens théologique de la conversion
La conversion de Paul n’est pas un simple changement d’opinion intellectuelle ou un revirement moral. C’est une rencontre personnelle, soudaine et bouleversante avec le Christ ressuscité. Paul lui-même l’interprète comme une grâce pure, un acte souverain de la miséricorde divine qui le saisit malgré lui : « Celui qui m’avait mis à part dès le sein de ma mère et qui m’a appelé par sa grâce a daigné révéler en moi son Fils, afin que je l’annonce parmi les nations » (Ga 1, 15-16).
Cette expérience fondatrice irrigue toute sa théologie : la gratuité du salut, la primauté de la grâce sur les œuvres de la Loi, la puissance transformatrice de la rencontre avec le Christ. L’ancien persécuteur devint le plus passionné des apôtres, celui qui pourra écrire : « Ce n’est plus moi qui vis, c’est le Christ qui vit en moi » (Ga 2, 20). Aucune formule chrétienne n’est plus radicale.
Les voyages missionnaires et les épîtres
Le premier voyage : Chypre et l’Asie Mineure
Après quelques années de préparation, dont un séjour en Arabie et un retour à Damas puis à Tarse, Saul fut appelé par Barnabé à Antioche de Syrie, qui était devenue la deuxième grande métropole chrétienne après Jérusalem. C’est d’Antioche que partirent les premiers voyages missionnaires.
Le premier voyage (vers 46-48) conduisit Paul et Barnabé à Chypre, où le proconsul Sergius Paulus se convertit, puis dans les villes d’Asie Mineure : Pergé, Antioche de Pisidie, Iconium, Lystres et Derbé. Partout, Paul prêchait d’abord dans les synagogues, puis, face au refus de beaucoup de Juifs, il se tournait vers les païens avec une audace croissante. C’est à partir de ce premier voyage que Saul prit définitivement le nom de Paul, son cognomen romain.
Les difficultés furent considérables : oppositions violentes dans les synagogues, lapidation à Lystres où il fut laissé pour mort, fatigues du voyage, maladies. Mais les conversions furent nombreuses et des communautés chrétiennes furent établies dans chaque ville visitée. Paul ne restait pas. Il fondait, organisait, nommait des responsables, et repartait. Sa méthode missionnaire, d’une efficacité redoutable, allait transformer le monde.
Le deuxième et le troisième voyage : l’Europe chrétienne
Le deuxième voyage missionnaire (vers 49-52) marqua un tournant décisif. Guidé par une vision nocturne où un Macédonien l’appelait à l’aide, Paul traversa la mer Égée et porta pour la première fois l’Évangile en Europe. Il fonda des communautés à Philippes, Thessalonique, Bérée, Athènes et Corinthe, villes qui resteront parmi les plus chères à son cœur d’apôtre.
C’est à Athènes qu’il prononça son célèbre discours à l’Aréopage, chef-d’œuvre d’apologétique et d’inculturation. Partant de l’autel « Au dieu inconnu », il annonça le Dieu créateur et le Christ ressuscité aux philosophes grecs. Certains se moquèrent. D’autres crurent. Paul ne cherchait pas l’unanimité ; il cherchait la vérité.
Le troisième voyage (vers 53-58) eut pour centre Éphèse, capitale de la province d’Asie, où Paul séjourna près de trois ans. Il y établit une communauté florissante malgré l’opposition violente des orfèvres du temple d’Artémis, dont le commerce d’idoles était menacé par la prédication chrétienne. C’est durant ces voyages que Paul rédigea la plupart de ses grandes épîtres : les deux lettres aux Thessaloniciens, les deux aux Corinthiens, l’épître aux Galates, l’épître aux Romains, chefs-d’œuvre de la littérature et de la théologie chrétiennes.
Les épîtres, fondement de la théologie chrétienne
Les treize épîtres attribuées à saint Paul constituent le cœur du corpus paulinien et l’un des piliers du Nouveau Testament. Rédigées entre environ 50 et 67 après Jésus-Christ, elles sont les documents les plus anciens du christianisme, antérieurs même à la rédaction des Évangiles. Ce point est souvent ignoré : quand Paul écrivait aux Corinthiens, l’Évangile de Marc n’existait pas encore.
Elles abordent les grandes questions théologiques avec une profondeur et une audace intellectuelle sans précédent : la justification par la foi et non par les œuvres de la Loi (Romains, Galates), la théologie de la Croix et de la Résurrection (1 Corinthiens 15), le mystère de l’Église comme Corps du Christ (Éphésiens, Colossiens), l’eschatologie et la parousie (1 et 2 Thessaloniciens), la vie chrétienne dans la charité (1 Corinthiens 13), la liberté chrétienne et le rapport à la Loi (Galates).
Chaque épître répondait à des situations concrètes vécues par les communautés fondées par Paul, mais leur portée dépasse infiniment les circonstances historiques de leur rédaction. Des formules pauliniennes comme « Ce n’est plus moi qui vis, c’est le Christ qui vit en moi » (Ga 2, 20), « L’amour ne passera jamais » (1 Co 13, 8), ou « Là où le péché a abondé, la grâce a surabondé » (Rm 5, 20) sont devenues des piliers de la spiritualité chrétienne universelle. On les cite encore, vingt siècles plus tard, dans les homélies et les mariages du monde entier.
Martyre et mort de saint Paul à Rome
Le prisonnier du Christ
De retour à Jérusalem après son troisième voyage, Paul fut arrêté dans le Temple sur une fausse accusation de profanation. Emprisonné à Césarée Maritime pendant deux ans sous les procurateurs Félix puis Festus, il invoqua son droit de citoyen romain et fit appel à César, ce qui entraîna son transfert à Rome sous escorte militaire.
Le voyage, raconté avec un réalisme saisissant dans les chapitres 27 et 28 des Actes des Apôtres, fut marqué par un naufrage spectaculaire au large de Malte, où Paul accomplit plusieurs miracles. Ce récit de navigation, l’un des plus précis de toute l’Antiquité, a été confirmé dans ses moindres détails par les historiens maritimes modernes.
Arrivé à Rome vers l’an 60, il vécut deux ans en résidence surveillée, « dans un logement qu’il avait loué, recevant tous ceux qui venaient le trouver, prêchant le Royaume de Dieu et enseignant ce qui concerne le Seigneur Jésus-Christ, avec une entière assurance et sans obstacle » (Ac 28, 30-31). C’est durant cette première captivité romaine qu’il rédigea les épîtres dites « de la captivité » : Éphésiens, Philippiens, Colossiens et le billet à Philémon. La tradition rapporte qu’il fut libéré une première fois, accomplit un dernier voyage missionnaire, peut-être jusqu’en Espagne, puis fut arrêté de nouveau lors de la persécution de Néron.
La décapitation sur la voie d’Ostie
Selon une tradition ancienne et unanime, saint Paul fut martyrisé à Rome par décapitation, vraisemblablement vers l’an 67, sous le règne de Néron. En tant que citoyen romain, il avait droit à une exécution jugée plus honorable que la crucifixion réservée aux non-citoyens. Même dans la mort, le droit romain faisait la différence.
La tradition situe son martyre sur la voie d’Ostie, à quelques kilomètres au sud de Rome, en un lieu appelé les Eaux Salviennes (aujourd’hui l’abbaye des Trois-Fontaines). La basilique Saint-Paul-hors-les-Murs, l’une des quatre basiliques majeures de Rome, fut érigée au IVe siècle au-dessus de son tombeau. Des fouilles archéologiques menées en 2006-2009 sous l’autel papal ont confirmé l’existence d’un sarcophage antique portant l’inscription « Paulo apostolo mart(yri) », vénéré depuis les premiers siècles comme la tombe de l’apôtre. Le pape Benoît XVI annonça en 2009 que l’analyse des ossements contenus dans le sarcophage était compatible avec une datation du Ier-IIe siècle.
L’héritage spirituel de saint Paul
Le théologien de la grâce et de la liberté
L’héritage spirituel de saint Paul est incommensurable. Il est le fondateur, après le Christ, de la théologie chrétienne. Sa pensée, d’une profondeur et d’une originalité stupéfiantes, a nourri vingt siècles de réflexion théologique et spirituelle. Tous les grands théologiens de l’histoire, de saint Augustin à Martin Luther, de saint Thomas d’Aquin à Karl Barth, ont construit leur pensée en dialogue avec ses épîtres. Ignorer Paul, c’est ignorer le fondement même de la réflexion chrétienne.
Sa théologie de la grâce (le salut est un don gratuit de Dieu, non le fruit des mérites humains) reste au cœur de la foi chrétienne. Sa vision de l’Église comme Corps du Christ, où chaque membre a sa place et sa fonction, fonde l’ecclésiologie catholique. Son hymne à la charité (1 Co 13) est lu dans toutes les cérémonies de mariage du monde. Sa conversion fulgurante sur le chemin de Damas demeure le modèle et l’espérance de tous ceux qui cherchent Dieu, même à travers les chemins les plus tortueux.
Saint Paul nous enseigne que nul n’est trop éloigné de Dieu pour être rejoint par sa grâce, que la faiblesse humaine est le lieu même où se manifeste la puissance divine, et que la vie chrétienne est une course vers un prix qui n’a pas de fin : « J’ai combattu le bon combat, j’ai achevé la course, j’ai gardé la foi » (2 Tm 4, 7). Ces mots, écrits depuis sa prison romaine peu avant son exécution, comptent parmi les plus beaux testaments spirituels jamais rédigés.
Prier avec saint Paul
Prière à saint Paul apôtre
Glorieux saint Paul, apôtre des nations et docteur de l’Église, toi qui as été saisi par le Christ sur le chemin de Damas et transformé de persécuteur en apôtre, nous te prions avec confiance. Obtiens-nous la grâce d’une conversion véritable et profonde, semblable à la tienne. Toi qui as parcouru le monde connu pour annoncer l’Évangile, donne-nous le courage et l’audace missionnaire. Toi qui as souffert la prison, les naufrages, les flagellations et la faim pour le nom du Christ, apprends-nous à porter nos croix avec patience et amour. Toi qui as écrit que rien ne peut nous séparer de l’amour de Dieu manifesté en Jésus-Christ, enracine-nous dans cette certitude inébranlable. Saint Paul, apôtre et martyr, intercède pour nous auprès du Seigneur que tu as aimé et servi jusqu’au sacrifice suprême. Amen.
Neuvaine à saint Paul
La neuvaine à saint Paul peut être priée du 20 au 28 juin, en préparation de la solennité des saints Pierre et Paul le 29 juin, ou du 16 au 24 janvier, en préparation de la fête de la conversion de saint Paul le 25 janvier. Chaque jour, le fidèle récite la prière ci-dessus, un Notre Père, un Je vous salue Marie et un Gloire au Père.
On médite chaque jour un passage des épîtres de Paul ou un épisode de sa vie : la formation à Jérusalem, la persécution de l’Église, la conversion sur le chemin de Damas, les années de préparation, le premier voyage missionnaire, le concile de Jérusalem, la mission en Europe, l’emprisonnement et la captivité, et le martyre à Rome. Cette neuvaine est particulièrement recommandée pour les missionnaires, les catéchistes, les théologiens et tous ceux qui cherchent la lumière de la foi dans les ténèbres du doute.
Questions fréquentes
Quelle est la différence entre Saul et Paul ?
Saul et Paul sont une seule et même personne. Saul (Shaoul en hébreu) était son nom juif, donné en l’honneur du roi Saül de la tribu de Benjamin, à laquelle appartenait sa famille. Paul (Paulus en latin) était son cognomen romain, lié à sa citoyenneté romaine héritée de naissance. Comme beaucoup de Juifs de la diaspora, il portait un double nom, juif et romain. Les Actes des Apôtres commencent à utiliser le nom de Paul à partir du premier voyage missionnaire, lorsque l’apôtre se tourne résolument vers le monde gréco-romain. Ce changement de nom n’est donc pas lié à sa conversion mais à son orientation missionnaire vers les nations païennes, pour lesquelles le nom romain était plus approprié et plus accessible.
Combien d’épîtres saint Paul a-t-il écrites ?
Le Nouveau Testament contient treize épîtres attribuées à saint Paul : Romains, 1 et 2 Corinthiens, Galates, Éphésiens, Philippiens, Colossiens, 1 et 2 Thessaloniciens, 1 et 2 Timothée, Tite et Philémon. L’épître aux Hébreux, longtemps attribuée à Paul dans la tradition, n’est plus considérée comme paulinienne par la majorité des exégètes modernes. Parmi les treize épîtres, les spécialistes distinguent généralement les lettres certainement authentiques (Romains, 1 et 2 Corinthiens, Galates, Philippiens, 1 Thessaloniciens, Philémon) des lettres deutéro-pauliniennes, dont la paternité est discutée mais qui appartiennent à la tradition paulinienne. L’ensemble constitue le corpus littéraire le plus important et le plus influent du Nouveau Testament après les Évangiles.
Pourquoi saint Paul et saint Pierre sont-ils fêtés le même jour ?
La solennité des saints Pierre et Paul est célébrée le 29 juin depuis le IVe siècle au moins. La tradition romaine associe les deux apôtres parce qu’ils sont considérés comme les deux colonnes de l’Église de Rome et les co-fondateurs de la communauté chrétienne romaine. Tous deux furent martyrisés à Rome sous le règne de Néron, probablement à quelques années d’intervalle. Pierre et Paul incarnent deux faces complémentaires de la mission apostolique : Pierre est le roc de la foi, le pasteur et le chef visible de l’Église ; Paul est le missionnaire infatigable, le théologien de la grâce et l’apôtre des nations. Leur fête commune souligne l’unité de l’Église dans la diversité des charismes et des vocations.
