Qui était Sainte Rita de Cascia ?
Sainte Rita de Cascia est l’une des saintes les plus populaires au monde. On l’invoque comme « avocate des causes désespérées ». Sa vie extraordinaire, marquée par les épreuves et les grâces mystiques, montre comment Dieu peut transformer la souffrance en sainteté.
Mariée de force à un homme violent, veuve après l’assassinat de son époux, privée de ses deux fils emportés par la maladie, Rita a finalement réalisé son rêve d’enfance : entrer au couvent. Là, elle reçut le stigmate d’une épine de la couronne du Christ sur le front, signe de son union aux souffrances du Rédempteur.
Des millions de fidèles à travers le monde invoquent Sainte Rita pour les situations qui semblent sans issue. Son sanctuaire de Cascia, en Ombrie, accueille chaque année des centaines de milliers de pèlerins venus confier leurs épreuves à l’« avocate de l’impossible ».
Contexte historique : l’Italie du XVe siècle
L’Ombrie au temps des querelles
Rita naît vers 1381 à Roccaporena, petit village proche de Cascia, dans les montagnes de l’Ombrie. La région est alors déchirée par les querelles entre factions : Guelfes contre Gibelins, nobles contre bourgeois, familles contre familles.
Les vendettas sont fréquentes. Le meurtre appelle le meurtre, le sang répond au sang. Les femmes subissent souvent les conséquences de ces violences masculines. C’est dans ce contexte brutal que Rita va vivre et montrer la puissance du pardon.
L’Église au temps du Grand Schisme
L’Église traverse le Grand Schisme d’Occident, de 1378 à 1417 : plusieurs papes se disputent le trône de Pierre. Cette crise affaiblit l’autorité ecclésiale mais suscite aussi des mouvements de réforme et de sainteté.
Les monastères de l’époque sont souvent des refuges de vie spirituelle intense au milieu du chaos politique. C’est au monastère augustinien de Cascia que Rita trouvera sa vocation.
Vie et jeunesse de Rita
Une enfance pieuse
Margherita Lotti naît vers 1381 à Roccaporena. Ses parents, Antonio et Amata Lotti, sont des gens simples, connus dans le village pour leur piété et leur rôle de pacificateurs dans les querelles locales. Rita sera leur seul enfant, né tardivement. Un don de Dieu.
Dès l’enfance, Rita montre une piété exceptionnelle. Elle aime prier, fait pénitence, se retire dans une petite cellule aménagée par ses parents pour ses moments de recueillement. Elle rêve de devenir religieuse.
Le mariage forcé
Mais ses parents, vieillissants, veulent assurer son avenir. Ils la promettent à Paolo di Fernando, un homme d’une famille influente de Cascia. Rita résiste, supplie qu’on la laisse entrer au couvent. En vain : à dix-huit ans environ, elle est mariée contre son gré.
Paolo s’avère être un homme violent, emporté, peut-être mêlé à des affaires louches. Rita souffre en silence et prie pour la conversion de son époux. Pendant dix-huit ans, elle endure les humiliations, les colères, les mauvais traitements.
La conversion de Paolo
La patience et la douceur de Rita finissent par toucher Paolo. Progressivement, il s’adoucit, renonce à sa violence, se rapproche de Dieu. La conversion semble complète. Rita et Paolo ont deux fils qu’ils élèvent dans la foi.
Mais le passé de Paolo le rattrape. Un soir, il est assassiné par des ennemis qui n’avaient pas oublié d’anciennes querelles. Rita devient veuve et se retrouve confrontée à une nouvelle épreuve : ses fils jurent de venger leur père.
Le pardon et la mort des fils
Rita supplie ses fils de renoncer à la vendetta. Elle prie pour que Dieu les empêche de commettre un meurtre qui les perdrait éternellement. Sa prière est exaucée d’une manière terrible : une maladie, peut-être la peste, emporte ses deux fils avant qu’ils n’aient pu accomplir leur vengeance.
Rita, à quarante ans environ, a tout perdu. Époux, fils, famille. Elle est seule au monde. C’est alors qu’elle se tourne vers son rêve de jeunesse : la vie religieuse.
L’entrée au monastère
Les refus des augustines
Veuve, Rita demande à entrer au monastère Sainte-Marie-Madeleine de Cascia, tenu par les augustines. Elle se heurte à un triple refus. La règle interdit d’accueillir les veuves. La famille de Paolo était aussi en querelle avec certaines familles de religieuses, et accueillir Rita risquait de troubler la paix communautaire.
Rita ne se décourage pas. Elle prie, fait pénitence, continue de demander son admission. Selon la tradition, elle accomplit un premier « miracle » : réconcilier les familles ennemies et mettre fin à la vendetta qui ensanglantait la région.
L’entrée miraculeuse
Finalement, vers 1407, Rita est admise au monastère. La tradition rapporte qu’elle y fut introduite de manière miraculeuse : transportée de nuit par ses saints patrons, Jean-Baptiste, Augustin et Nicolas de Tolentino, à travers les murs du couvent.
Quelle que soit la vérité de ce récit, Rita entre au monastère à plus de quarante ans. Elle y passera les quarante dernières années de sa vie, dans la prière, la pénitence et la charité.
La vie au monastère
Une religieuse exemplaire
Rita se montre religieuse exemplaire : obéissante, humble, zélée dans les tâches les plus basses. Elle pratique de grandes austérités, notamment des jeûnes sévères, des veilles prolongées et des disciplines corporelles. Elle médite sans cesse la Passion du Christ.
Sa vie est ponctuée de grâces mystiques : extases, visions, connaissances surnaturelles. Mais elle reste discrète et ne cherche pas à se singulariser.
Le stigmate de l’épine
En 1432, après avoir écouté un sermon sur la couronne d’épines du Christ, Rita demande à partager les souffrances du Sauveur. Sa prière est exaucée : une épine de la couronne du Christ vient se ficher dans son front et lui cause une plaie profonde et douloureuse.
Cette plaie ne guérira jamais. Elle dégage une odeur si nauséabonde que Rita sera parfois isolée de la communauté. Elle porte ce stigmate pendant quinze ans et y voit une grâce plutôt qu’un fardeau : elle participe visiblement aux souffrances du Christ.
Le miracle de la rose
On attribue à Rita de nombreux miracles. Le plus célèbre est celui de la rose. Un hiver, alors qu’elle agonise, elle demande à une visiteuse d’aller dans son jardin de Roccaporena chercher une rose. C’est janvier, il neige. Pourtant, la visiteuse trouve effectivement une rose épanouie dans le jardin gelé.
Ce miracle est à l’origine du symbole de la rose associé à Sainte Rita. Aujourd’hui encore, des roses sont bénies à Cascia le jour de sa fête et distribuées aux fidèles.
Mort et canonisation
Les derniers jours
Rita meurt le 22 mai 1457, à l’âge d’environ soixante-seize ans. Au moment de sa mort, la plaie de son front se serait transformée en éclat lumineux. Les cloches du monastère auraient sonné seules pour annoncer son passage au ciel.
Son corps, exposé dans le monastère, ne connaît pas la corruption normale. Il reste intact, souple, parfumé. Aujourd’hui encore, le corps incorrompu de Sainte Rita est visible dans une châsse de verre à la basilique de Cascia.
La canonisation
La réputation de sainteté de Rita se répand immédiatement après sa mort. Les miracles se multiplient sur son tombeau. Le culte populaire ne cesse de croître, mais la canonisation officielle tarde.
Ce n’est qu’en 1900 que le pape Léon XIII canonise Rita, après des siècles de dévotion populaire. Elle est proclamée patronne des causes désespérées, des femmes maltraitées et des situations impossibles.
Pourquoi Sainte Rita est-elle invoquée pour les causes désespérées ?
Une vie de contradictions surmontées
Toute la vie de Rita semble faite de situations impossibles surmontées par la grâce. Mariée de force, elle convertit son époux violent. Veuve et mère en deuil, elle trouve la paix. Refusée au couvent, elle y entre miraculeusement. Marquée d’une plaie répugnante, elle irradie la sainteté.
Cette capacité à transformer l’impossible en possible fait d’elle l’avocate naturelle des causes désespérées.
La patronne des réconciliations
Rita a réconcilié les familles ennemies de Cascia et mis fin à des décennies de vendetta. Elle a pardonné aux meurtriers de son époux. Elle incarne le pouvoir du pardon face aux situations les plus bloquées.
Prier avec Sainte Rita
Prière à Sainte Rita
Sainte Rita, avocate des causes désespérées, toi qui as éprouvé tant de souffrances et obtenu tant de grâces, je me tourne vers toi avec confiance. Tu sais ce que je traverse, tu connais ma détresse. Intercède pour moi auprès de Dieu. Obtiens-moi la grâce que je sollicite, si elle est conforme à la volonté divine. Si ma demande ne peut être exaucée, donne-moi la force de porter ma croix comme tu as porté la tienne. Sainte Rita, priez pour moi. Amen.
Neuvaine à Sainte Rita
Pendant neuf jours, récitez chaque jour la prière ci-dessus, accompagnée d’un Notre Père, d’un Je vous salue Marie et d’un Gloire au Père. Méditez sur une épreuve de la vie de Rita et demandez-lui de vous aider à traverser la vôtre.
Questions fréquentes
Pourquoi Sainte Rita est-elle patronne des causes désespérées ?
Toute la vie de Sainte Rita est une succession de situations apparemment sans issue qui ont trouvé une solution miraculeuse : un mariage malheureux aboutit à la conversion de son époux, un refus d’entrée au couvent se transforme en admission miraculeuse, une plaie répugnante devient signe de sainteté. Elle montre que rien n’est impossible à Dieu, ce qui en fait l’avocate naturelle des causes qui semblent perdues.
Que signifie le stigmate de Sainte Rita ?
En 1432, Sainte Rita reçut sur le front la marque d’une épine de la couronne du Christ. Cette plaie douloureuse et malodorante, qu’elle porta pendant quinze ans, était un signe de son union mystique aux souffrances du Christ. C’est l’un des stigmates les plus singuliers de l’histoire de l’Église, distinct des stigmates classiques des mains, des pieds et du côté.
Où peut-on vénérer Sainte Rita ?
Le principal sanctuaire de Sainte Rita est la basilique de Cascia, en Ombrie (Italie). On peut y voir son corps incorrompu dans une châsse de verre. Roccaporena, son village natal à quelques kilomètres, est également un lieu de pèlerinage où l’on visite sa maison natale, son jardin du miracle de la rose et le « rocher de la prière ». De nombreuses églises dans le monde lui sont dédiées.
Comment représente-t-on Sainte Rita ?
Sainte Rita est généralement représentée en habit de religieuse augustine, avec le stigmate visible sur le front. Elle tient souvent une rose, symbole du miracle hivernal, et parfois un crucifix ou un chapelet. L’abeille est aussi l’un de ses symboles, en souvenir d’un essaim qui aurait entouré son berceau sans la piquer.
